La Monnaie royale dévoile un huard commémoratif pour la communauté LGBTQ2

TORONTO — La Monnaie royale canadienne a dévoilé mardi une nouvelle pièce d’un dollar commémorative pour souligner 50 ans de progrès vers l’égalité des droits pour les lesbiennes, les gais, les transgenres, les personnes queer et les personnes bispirituelles du pays.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, figurait parmi les dignitaires qui se sont réunis à Toronto pour dévoiler la nouvelle pièce d’un dollar soulignant l’adoption par le Parlement d’une loi qui «a initié la dépénalisation de l’homosexualité au Canada» en 1969.

La pièce, qui est maintenant en circulation, combine les mots «Equality-Égalité» avec le travail de l’artiste Joe Average, de Vancouver.

«Pendant trop longtemps, les gens n’ont pas écouté. Ils n’ont pas fait preuve de compassion, d’empathie ou de compréhension», a affirmé M. Morneau. «À cause de cela, il y a des années, les gens ont érigé en crime le fait d’aimer au Canada. Nous avons fait de la volonté d’être soi-même une infraction punissable.»

M. Morneau a également fait écho au point de vue de ceux qui ont déploré que le thème de la pièce de monnaie laisse croire que le travail pour réaliser l’égalité est terminé.

«Ils reconnaissent, comme nous devrions tous le reconnaître, que nous ne sommes pas au bout de ce chemin», a-t-il déclaré. «Nous avons beaucoup plus à faire.»

Certains historiens et militants qui assistaient au dévoilement de la pièce ont fait valoir que le nouveau huard laissait entendre à tort que l’égalité avait été réalisée, et en grande partie grâce aux actions du gouvernement fédéral.

L’historien Tom Hooper de l’Université York, qui fait partie du groupe, a déclaré que les personnes de la communauté LGBTQ2 ont été confrontées à une criminalisation continue au cours des décennies qui ont suivi les modifications législatives.

Il a ajouté que la discrimination à l’encontre des personnes LGBTQ2 persiste aujourd’hui, soulignant que, par exemple, les personnes trans et queer issues des minorités ethniques sont toujours confrontées à des problèmes avec les forces de l’ordre et que les personnes vivant avec le VIH restent passibles de criminalisation.

Manque de consultations

La Monnaie royale «aurait pu consulter des personnes qui connaissent cette histoire, mais elle ne l’a pas fait», a déploré M. Hooper, qui espère que la société d’État le fera à l’avenir.

Il a reconnu qu’aucune campagne ne peut rivaliser avec environ trois millions de pièces, mais a déclaré que le projet alimentait au moins une conversation publique sur l’histoire de la communauté LGBTQ2.

«En tant qu’historien, j’espère informer le plus grand nombre de personnes possible au sujet de notre histoire. Donc, à certains égards, la pièce de monnaie offre cette occasion», a-t-il reconnu.

La Monnaie royale a déclaré qu’elle est généralement informée par le ministère du Patrimoine canadien concernant ses «anniversaires d’importance» lorsqu’il s’agit de sélectionner des thèmes commémoratifs pour les pièces de monnaie.

Le révérend Brent Hawkes, pasteur et défenseur des droits des homosexuels qui a pris la parole lors du dévoilement de la pièce, a déclaré que les modifications apportées à la loi en 1969 n’étaient pas parfaites, mais qu’elles méritaient d’être célébrées.

«Quand vous avez des lois qui planent au-dessus de votre tête, qui affirment que vous pouvez être jeté en prison lorsque vous aimez quelqu’un très fort et que vous avez des relations sexuelles consensuelles avec un autre adulte, ce n’est pas rien», a-t-il souligné.

«En 1969, le gouvernement a adopté une loi visant à mettre fin à cette situation horrible (…) Et bien que ce ne soit pas parfait, nous ne devrions pas minimiser la signification de ce moment», a ajouté le révérend.

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