La Montérégie au quatrième rang pour le temps d’attente aux urgences

La Montérégie se trouve au quatrième rang d’un classement des régions du Québec où le temps d’attente aux urgences est le plus élevé, selon une mise à jour du site indexsante.ca, au moment de la mise en ligne du texte, vendredi matin.

Après Laval (133 %), les Laurentides (113 %) et Lanaudière (113 %), la Montérégie affiche un temps d’attente moyen de 108%. Il est qualifié de «très élevé», ce qui lui vaut la couleur rouge.

La Montérégie se situe bien au-delà de la moyenne du Québec, le temps d’attente étant de 88% en moyenne ou la cote orange.

Le site indexsanté.ca (https://www.indexsante.ca/urgences/) mentionne que le temps d’attente estimé dans les urgences du Québec varie en fonction du nombre de patients sur civière, du taux d’occupation de celles-ci et du nombre de patients sur civière pour plus de 24 et 48 heures.

Les résultats sont présentés pour chaque établissement dans l’ensemble des régions du Québec et mis à jour chaque heure.

L’Hôpital Pierre-Boucher, en tête

Sur les huit établissements hospitaliers montérégiens listés sur le site, l’Hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, arrive en tête avec un temps d’attente dans les hôpitaux de 149 %.

«Considérant la pandémie de la COVID-19 qui touche le Québec depuis quelques mois, certains patients ont attendu avant de se présenter à l’urgence. Nous ne remarquons pas de pathologie prédominante parmi la clientèle qui se présente dans les urgences de notre territoire», explique le porte-parole du CISSS de la Montégégie-Est, Hugo Bourgoin.

Il ajoute également que plusieurs patients, chaque jour, qui se présentent aux urgences et dont la condition ne nécessite pas un suivi dans l’immédiat, sont réorientés vers d’autres ressources comme les cliniques médicales, par exemple.

Les établissements Anna-Laberge, à Châteauguay, et du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield sont au 2erang et 3e rang en Montérégie avec des taux respectifs de 128 % et 122 %. Selon Jade St-Jean, porte-parole du CISSS de la Montérégie-Ouest, il n’y a pas de cause ou de raison prédominante de consultation qui explique cette recrudescence du nombre de patients ambulatoires au cours des derniers jours.

«Le contexte relié à la pandémie de la COVID-19 nous a obligés à revoir nos trajectoires de services dans nos hôpitaux, ce qui a eu pour conséquence une diminution du nombre de lits de courte durée ainsi que la capacité de civières de débordement dans nos urgences», croit Mme St-Jean.

C’est notamment le cas à l’hôpital du Suroit, où l’hospitalisation de patients qui ont un diagnostic de COVID-19 entraîne une gestion serrée des lits et des déplacements afin de s’assurer qu’il n’y a pas de croisement entre les patients positifs et négatifs.

Plusieurs actions visant à désencombrer les urgences et améliorer la fluidité sont en cours, ajoute Jade St-Jean. «Une augmentation du soutien à domicile, la réorientation de la clientèle P4 et P5 – celle dont la condition de santé ne nécessite pas des soins d’urgence de l’urgence – vers les GMF du territoire ainsi que le support de plusieurs cliniques désignées d’évaluation COVID-19 en sont quelques exemples», précise la porte-parole du CISSS de a Montérégie-Ouest.

La Montérégie-Centre sous contrôle

Du côté du CISSS de la Montérégie-Centre, la situation est sous contrôle. Sa porte-parole, Sara-Ève Tremblay, avance que les niveaux d’achalandage actuels des urgences de l’Hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil, et l’Hôpital du Haut-Richelieu, à Saint-Jean-sur-Richelieu, sont semblables à ceux observés chaque année.

«Une baisse a été remarquée en lien avec l’épidémie de COVID-19 dans les derniers mois, mais la diminution de cas dans la population et le déconfinement semble avoir un impact sur le taux d’achalandage des urgences», précise Mme Tremblay.

Malgré tout, l’organisation dit travailler sur des solutions mises en place pour diminuer les taux d’achalandage. Elles ciblent entre autres la clientèle ambulatoire qui visite les urgences. «Depuis 2017-2018, 2,5 % plus de patients (P4-P5) sont réorientés vers des services de première ligne», indique la porte-parole de la CISSS de la Montérégie-Est.

La région de l’Estrie se trouve enfin avec un taux de 74 %. Seuls le CSSS de Memphrémagog et le Centre hospitalier de Granby se trouvent dans la catégorie rouge avec des taux respectifs de 171 % et 110 %.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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