La mort d’un camionneur dans un carambolage en 2016 était évitable, dit le coroner

MONTRÉAL — La mort du camionneur Gilbert Prince lors d’un carambolage sur l’autoroute 40 à Montréal en 2016 était évitable, conclut le coroner dans un rapport publié mardi.

L’homme de 59 ans a péri après que son camion eut pris feu, à la suite d’une collision impliquant quatre camions. Le camionneur est mort d’asphyxie car il était resté pris dans sa cabine pendant que son camion était en flammes, selon le rapport de la coroner Stéphanie Gamache.

Me Gamache juge que ce décès aurait pu être évité si la distance séparant les deux derniers camions de la chaîne avait été plus grande, et si le premier camion qui s’était immobilisé subitement avait été mieux entretenu par l’entreprise propriétaire.

Le rapport s’inspire entre autres des conclusions d’enquêtes de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et de la Sûreté du Québec. 

Selon ces enquêtes, l’accident survenu le 9 août 2016 a été causé entre autres par l’arrêt inopiné d’un camion-citerne de Bombardier sur l’autoroute. Le camion qui le suivait a réussi à freiner à temps, mais il s’est fait lui-même percuter par l’arrière par un autre camion. 

M. Prince, qui conduisait le quatrième camion, ne réussit pas à éviter le véhicule devant lui, qu’il heurte. Cet accident a fait couler du diesel sous son camion, provoquant l’incendie.

L’enquête de la CNESST a conclu que l’accident impliquant le camion de M. Prince était inévitable puisqu’à 31 mètres de distance, il n’aurait jamais pu intervenir pour freiner.

«Cet élément contributif constitue une erreur de conduite malheureuse et fatale chez un camionneur expérimenté», estime Me Gamache.

Dans son rapport, la coroner recommande à la Société d’assurance-automobile du Québec (SAAQ) de faire une campagne de sensibilisation sur les distances sécuritaires entre les véhicules et d’impliquer les corps policiers dans cette initiative.

«Il m’apparaît important pour la SAAQ, qui voit à l’application du Code de la sécurité routière, d’effectuer une campagne de sensibilisation auprès de la population en général, et auprès de l’industrie des véhicules lourds en particulier, afin de rappeler à tous l’importance de respecter une distance suffisante entre les usagers de la route en tout temps, été comme hiver», écrit-elle.

Quant à l’entretien déficient du camion de Bombardier, Me Gamache ne juge pas pertinent d’émettre une recommandation puisque des changements réglementaires ont été effectués depuis le drame qui «permettront assurément d’éviter un accident comme le décès de M. Prince».

La CNESST avait indiqué dans son rapport que le camion de Bombardier était équipé d’un dispositif d’inter-verrouillage, qui empêche le véhicule de rouler lors du chargement et du déchargement de carburant. Or, le camion en question était un modèle ancien et usé, et le dispositif s’est activé par erreur sur l’autoroute. Comme le camion n’avait pas de moyen pour contourner le dispositif, il s’est arrêté sans que le conducteur ne puisse faire quoi que ce soit.

Mais après l’accident, les normes ont été changées pour que les camions qui circulent sur des routes à plus de 40 km/h soient toujours munis d’un mécanisme de contournement et d’un voyant lumineux. 

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