La N.-É. abolit les conseils scolaires anglophones élus, mais pas l’acadien

HALIFAX — Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse abolira dès la fin du mois les sept conseils scolaires anglophones élus de la province, mais il maintient en place le Conseil scolaire acadien.

Incluse dans un projet de loi omnibus déposé jeudi, cette vaste réforme de l’éducation prévoit aussi que les directeurs d’écoles, leurs adjoints et les superviseurs ne seront plus membres du Syndicat des enseignants de la Nouvelle-Écosse, mais plutôt d’une nouvelle association professionnelle, afin d’éviter les conflits d’intérêts. L’ancienneté et le salaire de ces cadres ne seront pas touchés par ce changement d’adhésion.

Dans un geste de compromis, le gouvernement libéral abandonne par ailleurs l’idée de créer un ordre professionnel des enseignants, qui devait encadrer la pratique. Le gouvernement travaillera plutôt avec les enseignants et leur syndicat pour élaborer des normes professionnelles communes.

Le gouvernement du premier ministre Stephen McNeil a aussi accepté de s’asseoir avec le syndicat pour discuter des activités parascolaires, de formation professionnelle, de recrutement, de l’enseignement en milieu rural, des besoins spécifiques pour les immigrants, de l’enseignement du français, des élèves en situation de pauvreté et des enfants en difficulté.

Alors que le gouvernement conserve en l’état le Conseil scolaire acadien provincial, les sept autres conseils scolaires anglophones élus seront remplacés par des directions générales régionales, qui relèveront de la sous-ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance. Par ailleurs, deux nouveaux postes de directeurs généraux seront créés au sein du ministère pour représenter les communautés afro-néo-écossaise et micmaque.

Le gouvernement créera enfin un nouveau Comité consultatif provincial de l’éducation, qui comptera jusqu’à 15 membres, dont «des représentants de toutes les régions, de divers horizons et de diverses communautés».

Les Acadiens

Une loi concernant spécifiquement le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) sera déposée plus tard au cours de la session, promet-on. «Pour la première fois, il existera une loi distincte pour le CSAP afin de protéger les droits culturels et linguistiques des Acadiens et des francophones», indique le gouvernement.

Kenneth Gaudet, président du Conseil scolaire acadien, s’est réjoui de cette décision. «La réforme législative proposée par le gouvernement fera de la Nouvelle-Écosse la figure de proue, à l’échelle nationale, dans le domaine de l’éducation (au primaire et au secondaire) en français langue première.

«Le projet de loi annoncé aura pour effet de doter le CSAP de sa propre loi habilitante, en anglais et en français (…) Voilà l’ultime symbole que le gouvernement reconnaît l’unicité du CSAP dans le domaine de l’éducation et son importance pour l’avenir de la communauté acadienne.»

Le gouvernement promet que la somme de 2,3 millions $ économisée annuellement grâce à l’abolition des conseils scolaires élus «sera réinvestie dans les écoles».

Cette réforme s’inspire largement des recommandations d’une consultante ontarienne en éducation, Avis Glaze, qui avait déposé son rapport en janvier.

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