La N.-É. devient la première province à interdire le dégriffage des chats

HALIFAX — La Nouvelle-Écosse est devenue la première province canadienne à interdire aux vétérinaires de dégriffer les chats si cette procédure n’est pas médicalement nécessaire.

Cette interdiction, qui suit une tendance mondiale, est entrée en vigueur jeudi après une période de sensibilisation de trois mois.

L’Association des médecins vétérinaires de la Nouvelle-Écosse avait statué en décembre dernier que cette pratique serait dorénavant contraire à l’éthique de la profession. Cette pratique a déjà été interdite dans plusieurs pays d’Europe, au Royaume-Uni, en Australie et dans plusieurs villes de Californie, et des associations de vétérinaires dans d’autres provinces canadiennes ont aussi ce genre de discussions.

Si certaines municipalités ont adopté des règlements pour interdire le dégriffage, la Nouvelle-Écosse devient la première province ou le premier État nord-américain à le faire.

Au Québec, l’Ordre des médecins vétérinaires invite simplement les propriétaires de chat à «s’informer adéquatement» avant d’opter pour «une intervention chirurgicale qui n’est pas médicalement nécessaire et qui comporte des risques de complications». Dans une recommandation qui remonte à avril 2015, l’Ordre rappelle qu’après l’opération, «le poids de l’animal repose davantage sur la deuxième phalange, ce qui peut provoquer des inconforts».

L’Association canadienne des médecins vétérinaires avait révisé en mars 2017 son énoncé de position sur le dégriffage des chats, qui datait de 2011, afin de s’opposer clairement à l’intervention. «Il est évident que les félidés souffrent inutilement lorsqu’ils subissent cette chirurgie non urgente», écrivait l’association. «De plus, la recherche comportementale a progressé et permet aux médecins vétérinaires dans ce domaine d’aider les clients à modifier le comportement indésirable des chats qui font leurs griffes.»

Le vétérinaire à la retraite Hugh Chisholm, qui milite pour l’interdiction de cette «mutilation douloureuse», se réjouit de la décision en Nouvelle-Écosse. M. Chisholm est directeur pour les provinces de l’Atlantique de l’organisme «Paw Project», qui s’oppose à l’amputation de la troisième phalange des doigts d’un chat à des fins non thérapeutiques. «Vous retirez 10 os de dix doigts des pattes d’un chat: si ce n’est pas de la mutilation, je me demande bien ce que c’est», soutenait le docteur Chisholm après l’annonce de décembre dernier.

Les propriétaires de chat font dégriffer leur animal parce que le félin a tendance à planter ses griffes dans des tapis, des meubles ou des fauteuils, mais aussi parce qu’il peut griffer accidentellement des humains ou même des chiens. L’Association canadienne des médecins vétérinaires rappelle toutefois qu’il s’agit d’un comportement tout à fait normal chez le chat: les griffes lui permettent de marquer son territoire, contribuent à son équilibre et l’aident à grimper et à se défendre.

Le docteur Chisholm rappelle toutefois que le dégriffage sera encore une procédure médicalement nécessaire dans certains cas.

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