La Nouvelle-Écosse doit mieux évaluer la contamination de ses mines abandonnées

HALIFAX — Le vérificateur général de la Nouvelle-Écosse affirme que la province n’a pas suffisamment enquêté sur la contamination potentielle de nombreux anciens sites miniers abandonnés, ce qui signifie que les finances du gouvernement pourraient éventuellement en subir les conséquences.

Michael Pickup a publié un rapport, mardi, dans lequel il indique que la province ne peut pas évaluer convenablement les risques financiers auxquels elle fait face relativement à de futurs projets de décontamination.

«Les coûts de nettoyage des sites contaminés pourraient changer considérablement dans l’avenir, à mesure que la province récoltera plus d’information sur ces sites», a mentionné M. Pickup aux journalistes.

Il a expliqué que des lacunes dans l’évaluation des mines abandonnées, effectuée par le ministère des Terres et des Forêts, avaient mené son bureau à procéder à un audit de performance qui doit être publié au printemps prochain.

Michael Pickup a souligné que le passif de la province en matière de sites contaminés est passé de 107 millions $ en 2014 à 372 millions $ en 2018.

En juillet, le gouvernement a annoncé qu’il consacrait 48 millions $ au nettoyage des anciennes mines d’or Montague, près de Dartmouth et de Goldenville, dans le comté de Guysborough. Dans l’ensemble, la Nouvelle-Écosse a dit examiner une liste de 69 sites situés sur des terres de la Couronne afin de déterminer ceux qui doivent être remis en état.

En plus des fonds destinés aux deux anciennes mines, 230 millions $ ont été alloués à l’assainissement des étangs de rétention de Northern Pulp, à Boat Harbour, et 94 millions $ ont été affectés à d’autres projets.

Selon le vérificateur général, bien que la province ait correctement enregistré les coûts liés à ces projets, le problème qui guette la Nouvelle-Écosse concerne les dizaines d’autres sites.

«Qu’en est-il de tous ces autres sites sur lesquels vous n’avez pas encore fait d’évaluation pour savoir s’ils sont contaminés?» demande M. Pickup.

Le ministre des Terres et des Forêts, Iain Rankin, n’a pas contesté le rapport du vérificateur général, affirmant que la province «peut toujours agir plus rapidement».

«Il y a beaucoup de sites contaminés et beaucoup de décontamination qui doit être faite», a reconnu M. Rankin.

Pour cette raison, le ministre estime qu’il faudra probablement «plusieurs années» avant que tous les sites ne soient nettoyés.

Il a précisé que quatre autres mines abandonnées étaient priorisées, soit deux mines d’or et deux mines de charbon. Des tests et des évaluations plus poussés doivent être menés, tandis que les travaux se poursuivent sur une stratégie d’évaluation globale en collaboration avec le ministère de l’Énergie et des Mines.

Le rapport de Michael Pickup soulève un autre enjeu préoccupant, à savoir la réaction du gouvernement face aux risques de fraude potentiels.

Le vérificateur général considère que les ministères n’évaluent pas assez rapidement les risques de fraude et que la formation du personnel visant à détecter ces risques prend du retard.

Selon M. Pickup, 47 pour cent des ministères de la province n’avaient pas terminé les évaluations du risque de fraude au 31 mars dernier.

Le rapport révèle également que moins de 35 pour cent du personnel de trois ministères et de quatre unités de la fonction publique ont suivi la formation obligatoire en matière de fraude. Le gouvernement n’a toujours pas non plus mis en place son service téléphonique de dénonciation.

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