La Nouvelle-Écosse souhaite être exemptée de la taxe sur le carbone

HALIFAX — La Nouvelle-Écosse demande au gouvernement fédéral d’être exemptée de la taxe sur le carbone.

Le premier ministre provincial Tim Houston l’a annoncé vendredi au cours d’une conférence de presse. Il a soutenu que la Nouvelle-Écosse dépasse les cibles nationales de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Selon lui, la démarche du gouvernement fédéral visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre revient à «punir» la province. 

Le premier ministre progressiste-conservateur a déclaré que l’imposition d’une taxe sur le carbone aux Néo-Écossais les pénaliserait indûment, car les efforts actuels de la province pour réduire les émissions dépassent déjà les objectifs fédéraux.

«Je pense en fait qu’une taxe sur le carbone est un outil approprié au bon moment et au bon endroit, a dit M. Houston. Mais en Nouvelle-Écosse, ce n’est pas nécessaire.»

Il indique que le programme de la province «est meilleur que la taxe sur le carbone» et ne punit pas financièrement les Néo-Écossais.

La taxe augmentera de 15 $ la tonne chaque année pour atteindre 170 $, la tonne en 2030.

M. Houston a affirmé que la taxe pourrait coûter au ménage néo-écossais moyen plus de 2000 $ en 2025 et plus de 3100 $ en 2030. Il croit que la province devrait aller de l’avant avec ses propres plans «plutôt que d’être punie par une augmentation de 14 cents le litre du prix du gaz.»

Il a également souligné que les Néo-Écossais paient déjà parmi les factures d’électricité les plus élevées au Canada.

La province a soumis jeudi un plan d’action sur le changement climatique à Ottawa, qui énumère les objectifs environnementaux inscrits dans la législation provinciale l’année dernière. 

Ces objectifs comprennent l’élimination progressive de la production d’électricité au charbon d’ici 2030, l’engagement d’avoir 80 % de l’énergie de la province fournie par des sources renouvelables d’ici 2030 et l’exigence que les véhicules zéro émission représentent 30 % des ventes de véhicules la même année.

Ces objectifs sont les «références les plus agressives du pays et donneront des résultats», estime le premier ministre. 

Kelsey Lane, coordinatrice de la politique climatique au Centre d’action écologique basé à Halifax, a déclaré qu’elle était choquée par le plan de M. Houston pour faire face au changement climatique.

«Nous sommes étonnés du manque de substance dans la proposition du premier ministre», a-t-elle déclaré. 

Mme Lane a dit qu’elle avait espéré que la province introduise son propre système de tarification du carbone, car elle n’a pas précisé comment elle compte atteindre ses objectifs de réduction des émissions. 

«Il n’y a pas de mécanismes de responsabilité clairs sur la façon dont nous allons y parvenir, dénonce-t-elle. Nous aurions pu aller encore plus loin».

M. Houston dit espérer que le ministre de l’Environnement et des Changements climatiques, Steven Guilbeault, examinera le plan «avec un esprit ouvert».

Il a dit que si la Nouvelle-Écosse n’atteint pas ses cibles, il acceptera l’imposition d’une taxe sur le carbone par le gouvernement fédéral.

La porte-parole du Nouveau parti démocratique (NPD) en matière d’environnement, Susan Leblanc, s’est dite déçue de la proposition.

«Il n’y a rien de nouveau, pas de nouveaux détails – pas de plans réels», a déclaré Mme Leblanc aux journalistes après l’annonce du premier ministre.

Le porte-parole libéral en matière d’environnement, Iain Rankin, abonde dans le même sens, affirmant que la proposition des conservateurs n’équivaut pas à un plan de lutte contre le changement climatique.

«Je ne voudrais pas lui donner de l’honneur en disant que c’est même un plan, a déclaré Iain Rankin, un ancien ministre de l’environnement. J’espérais voir quelque chose que je pourrais critiquer, mais ce n’est rien de plus qu’un PowerPoint qui passe en revue les objectifs qui étaient en place.»

La province gère actuellement son propre programme de plafonnement et d’échange pour les grands émetteurs industriels. Le programme est en place depuis 2019, mais il expirera à la fin de l’année.

Les revenus du système de plafonnement et d’échange sont versés à un fonds vert provincial qui contribue à des projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique, tels que des remises pour les mises à niveau de maisons solaires.

Lorsqu’on lui a demandé ce qui se passerait lorsque le fonds vert prendrait fin, M. Houston a répondu que la province était «déterminée à continuer à investir pour atteindre nos objectifs». Il n’a pas donné de détails.

Susan Leblanc a dit qu’elle était inquiète de la réponse «extrêmement vague» de M. Houston. Selon elle, le gouvernement doit investir davantage dans les programmes financés par le fonds vert. 

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