La pandémie a aidé le jeune planchiste Eli Bouchard à réaliser de nouveaux sauts

QUÉBEC — La pandémie n’aura pas eu raison du phénomène Eli Bouchard. Le jeune planchiste de 13 ans, de Lac-Beauport, continue d’épater la galerie avec ses sauts qui fracassent des records mondiaux.

La Presse Canadienne l’avait d’abord rencontré en 2018 à Pékin, en Chine, lors d’une mission économique organisée par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. 

À 10 ans, Eli Bouchard avait eu le mandat de promouvoir la planche à neige dans une Chine avide de sensations fortes et de plus en plus attirée par les sports d’hiver.

D’ailleurs, on lui avait offert la citoyenneté chinoise, dans l’espoir qu’il représente la Chine aux Jeux olympiques de 2022. Sa famille avait décliné l’offre.

Maintenant qu’Eli a 13 ans, qu’il est en secondaire 1 à l’école Saint-Jean-Eudes, que fait-il? Où est-il rendu? La pandémie de la COVID-19 l’a-t-elle fait reculer dans son sport?

Pas du tout, raconte-t-il en entrevue. Il prend pour preuve le périlleux «front triple 14» qu’il a réussi à faire en pleine pandémie l’année dernière, devenant ainsi le plus jeune athlète à réussir ce saut.

Son père, François Bouchard, souligne qu’il travaille maintenant le saut à l’envers. «Il a vraiment beaucoup évolué cette année, dit-il. Il est encore plus fort parce qu’il a plus de temps à s’entraîner.»

«Quand il y a des compétitions, on veut gagner la médaille donc on fait toujours la run qui est ‘sécure’. T’évolues pas, tu sais. Tandis que quand tu n’as pas de compétitions, tu peux pratiquer des trucs que tu n’as jamais fait.»

Toujours plus haut

Eli ajoute s’entraîner «pour pouvoir faire des plus gros jumps». Quand la pandémie a frappé, du jour au lendemain, toutes les compétitions internationales qu’il avait à son agenda ont été annulées.

Mais le jeune prodige de 75 livres aux longs cheveux blonds ne s’est pas laissé abattre; il a pris ce temps de pause pour se faire des forces, surtout au niveau des jambes, du torse et du cou.

Il assure que jamais le moral n’a fléchi; il a profité de ses entraînements les week-ends au centre Maximise à Sainte-Agathe-des-Monts pour simuler des compétitions. «J’ai été capable de me donner des buts.»

«Pour nous autres, ce n’est pas négatif, au contraire. Eli prend plus de masse», renchérit sa mère, Natacha Thériault. Elle parle de tout ce qui a été gagné pendant ces longs mois: constance, amplitude, force.

Elle reconnaît que son fils fait partie des privilégiés. Son calibre et sa grande notoriété font en sorte qu’il reçoit beaucoup de soutien de la part d’athlètes professionnels de l’équipe canadienne.

Pour plusieurs autres jeunes planchistes, ça n’a pas été aussi facile. «Psychologiquement, on a vu des jeunes qui en arrachaient pas mal», relate-t-elle.

«Eli, c’est un garçon qui est très concentré, persévérant. Il peut faire la figure 150 fois dans la même journée, jusqu’à temps qu’il l’ait. C’est intense, son affaire.»

Objectif: X Games 2022

Lorsque les sports seront déconfinés, la saison des compétitions de planche à neige sera terminée, mais la vie reprendra pour des milliers de jeunes athlètes. Eli Bouchard s’en réjouit.  

Entre-temps, il garde les yeux fixés sur son objectif: «gagner les X Games l’année prochaine», cette compétition de sports dits extrêmes qui se tient à chaque année à Aspen, au Colorado.

À 8 ans, Eli Bouchard est devenu le plus jeune planchiste à réussir un double périlleux arrière. En moins de 24 heures, 30 000 personnes avaient visionné sa vidéo sur YouTube.

Depuis, le jeune planchiste n’a cessé d’impressionner, faisant la manchette partout à travers le monde.

En 2019, il a participé à la série «Enfants prodiges», diffusée sur les ondes de TV5, qui a suivi le quotidien de plusieurs enfants surdoués.

Cliquez ici pour visionner la vidéo du «front triple 14» d’Eli Bouchard: https://bit.ly/2PFFY1b

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