La pandémie accentue l’attrait des jeunes pour les régions, note un organisme

MONTRÉAL — La pandémie de COVID-19 est en train de marquer un tournant dans l’attrait des jeunes vers les régions du Québec, estime l’organisme Place aux jeunes en région à la lumière de nouvelles données sur la demande pour ses services.

Plusieurs territoires avaient déjà atteint leur objectif de recrutement en septembre, soit à la moitié de leur année qui va d’avril à mars, et le «phénomène» est encore plus marqué dans les régions éloignées des grands centres.

En Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent et au Saguenay-Lac-Saint-Jean des responsables prévoient une augmentation spectaculaire de 50% à 75% du nombre total de migrations en 2020-2021 par rapport à l’année précédente.

De même, «Place aux jeunes en région» projette que les inscriptions sur sa plateforme web devraient, d’ici la fin de l’année financière, le 31 mars, dépasser de 25 % celles de l’année précédente.

En entrevue, le président de l’organisme, Luc Dastous, est catégorique dès sa première phrase: «Il y a un engouement qui s’est développé pour les régions».

Selon lui, l’accessibilité du télétravail et les conséquences du confinement renforcent chez de nombreux jeunes l’attrait pour les grands espaces, ce qui va grandement aider au développement des régions.

«Les avantages qu’il y avait d’être en ville pendant la pandémie sont disparus par un coup de baguette magique et les avantages d’être en région ont été accentués de beaucoup, résume-t-il. La pandémie a permis ça.»

«Place aux jeunes en région», qui a pour mandat de favoriser l’attraction, l’intégration et la rétention des jeunes qualifiés de 18 à 35 ans dans les régions du Québec compte miser sur ces éléments dès lundi, lors de sa 10e Semaine des régions.

L’événement, qui sera cette année entièrement virtuel, vise à faire découvrir les possibilités de carrière, de style de vie, la facilité d’accès à la propriété et les opportunités d’affaires en région.

Tout en reconnaissant que ce message est pratiquement le même depuis des années, M. Dastous note que les jeunes sont «plus réceptifs» parce que le contraste est plus évident. «On le disait, mais les gens n’en mesuraient pas l’impact, explique-t-il. Là, on a un couvre-feu. On est confiné.»

Dans un récent bulletin sociodémographique, l’Institut de la statistique du Québec révélait que plusieurs régions adjacentes à Montréal et d’autres plus éloignées ont vu leurs gains migratoires s’accroître de façon notable de juillet 2019 à juin 2020 par rapport à la même période un an plus tôt.

La tendance migratoire se renverse tranquillement depuis 2013, constate M. Dastous. L’année 2019 avait «marqué le pas» et 2020 l’a considérablement «accentué», si bien que cette pandémie ne représente ni plus ni moins qu’un «passage» pour les régions du Québec qui en tireront profit sur leur bilan démographique.

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