La pandémie pèse lourd sur les épaules des employés du secteur communautaire

MONTRÉAL — Plus des deux tiers des organismes (68 %) communautaires rapportent une surcharge de travail et sont d’avis que les problèmes de financement chroniques doivent être abordés rapidement, selon un sondage sur les effets de la crise sanitaire dans le milieu.

Les organismes notent que la pandémie a exacerbé les problèmes existants et fait augmenter les demandes de service dans toutes les régions du Québec. 

Bien que la hausse des besoins enregistrés au début de la pandémie ait duré toute l’année et que le réseau communautaire ait dû faire face à un bond des demandes d’aide, le financement des organismes, lui, n’a pas bougé. 

Résultat? Les acteurs du milieu communautaire en font plus, mais les moyens financiers, qui étaient déjà insuffisants avant la pandémie, ne suivent pas la cadence. 

Ce qui affecte la qualité de vie et le moral des troupes fait ressortir un sondage mené auprès de 740 organismes communautaires et publié jeudi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). 

En entrevue, la chercheuse Eve-Lyne Couturier fait observer que les conditions de travail sont plus difficiles. Plus des deux tiers des organismes, soit 68 %, mentionnent «une charge de travail difficilement réaliste». 

La conciliation travail-famille est également plus difficile à trouver pour 65 % des gens œuvrant dans le domaine communautaire et l’augmentation de la charge de travail ne facilite pas la tâche aux employés de ce secteur composée majoritairement de femmes et de personnes non binaires (79 %).

Par ailleurs, les besoins de base ont augmenté au sein des populations desservies, les banques alimentaires ont été très sollicitées, mais également les services d’aide au logement et les services de référence pour de l’aide psychologique, par exemple. 

Les organismes ont noté une augmentation de l’isolement (96 %), de l’anxiété (97 %) et des besoins de soutien social (92 %) dans les communautés visées.

Mme Couturier avance cependant que les organismes québécois sont en bien meilleures positions que leurs pairs des autres provinces grâce au mode de «financement à la mission». Cette forme de financement leur a permis de poursuivre leurs activités sans craindre de perdre des subventions si le type de prestation de service devait changer ou si les activités devaient être réorganisées à cause de la pandémie.

Toutefois, le contexte sanitaire actuel a forcé l’annulation des activités de financement pour 97 % des organismes sondés, ce qui laisse un trou dans le bas de laine de ces organisations qui dépendent en grande partie des dons et des activités philanthropiques pour poursuivre leurs mandats. 

Autre défi? La rétention de la main-d’œuvre, car si les aides gouvernementales ont permis de maintenir les employés en poste, plusieurs quittent le milieu en raison des conditions souvent précaires, du manque de ressources et de la surcharge de travail.

Le sondage de l’IRIS a été réalisé auprès de 740 organismes québécois entre le 23 octobre et le 17 décembre 2020. La marge d’erreur est de +/- 3 %, 19 fois sur 20. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.