La parc Marineland de Niagara Falls, en Ontario, menace de vendre

TORONTO — Le parc Marineland s’est inscrit au registre des lobbyistes en Ontario pour faire pression sur le gouvernement dans le but, entre autres scénarios, de vendre.

Andrew Burns, un avocat qui représente l’attraction touristique de Niagara Falls depuis des années, a déposé une demande auprès du registre des lobbyistes de l’Ontario, le 10 janvier, pour tenter d’influencer le cabinet du ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport, ainsi que d’autres élus.

Dans une section décrivant les objectifs de l’exercice de lobbyisme, Me Burns écrit: «la vente de Marineland of Canada». Il ajoute que le parc Marineland souhaite par ailleurs d’éventuels changements de zonage pour permettre le développement, ainsi qu’une aide financière potentielle et un allégement fiscal pour développer ses activités.

Marineland et Me Burns n’ont pas répondu à une demande de commentaire, mardi. Un porte-parole du ministre du Tourisme, Neil Lumsden, a déclaré que le gouvernement de l’Ontario n’avait eu jusqu’ici aucun contact avec Marineland.

John Holer a ouvert Marineland — alors connu sous le nom de «Marine Wonderland and Animal Farm» — en 1961, et il a agrandi petit à petit le parc au fil des ans. Marineland s’étend aujourd’hui, à proximité des célèbres chutes, sur environ 1000 acres, dont environ la moitié est développée. La femme de John Holer, Marie, a repris Marineland à sa mort en 2018.

Plusieurs enquêtes

Le parc a fait l’objet de plusieurs enquêtes ces dernières années.

Le mois dernier, la Couronne a suspendu une accusation de cruauté envers les animaux visant Marineland. La Police régionale de Niagara avait accusé le parc en décembre 2021 d’avoir utilisé des dauphins et des baleines à des fins de divertissement, en contravention d’une nouvelle loi adoptée par le gouvernement fédéral, en 2019, qui interdit la captivité des baleines.

Marineland avait réfuté l’accusation à l’époque, affirmant que l’aquarium éduquait les visiteurs — qu’il ne s’agissait pas d’un simple spectacle de divertissement.

Marineland bénéficiait de certains droits acquis dans la loi fédérale, mais le parc devait se conformer à la disposition qui empêche tout élevage au pays de baleines en captivité. L’importation et l’exportation de baleines, de dauphins et de marsouins sont également interdites, sauf pour la recherche scientifique ou «si c’est dans l’intérêt du bien-être» de l’animal.

En septembre dernier, Marineland a réglé un litige juridique de dix ans avec un de ses anciens entraîneurs de mammifères marins, Phil Demers, qui était devenu un critique virulent du parc. La documentariste Nathalie Bibeau a relaté cette saga dans un film, «Le morse et le lanceur d’alerte» (2020).

Dans le cadre de l’entente à l’amiable, Marineland a accepté de déplacer ses deux morses restants, «Smooshi» et son bébé «Koyuk», dans un parc marin non identifié, où ils pourraient vivre avec d’autres morses. Les deux morses sont censés déménager d’ici le 21 mars, en vertu de l’entente conclue entre Marineland et Phil Demers.

En mai 2021, Marineland a vendu et exporté cinq bélugas, pour un prix non divulgué, au «Mystic Aquarium», dans le Connecticut. Une de ces baleines, «Havok», est morte quelques mois après le déménagement et une deuxième, «Havana», est décédée en février 2022. Le gouvernement américain a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de ces décès.

Toujours en mai 2021, les Services de protection des animaux de l’Ontario ont déterminé que tous les mammifères marins de Marineland étaient en détresse, en raison de la mauvaise qualité de l’eau des bassins. Dans des documents judiciaires, Marineland nie que ses animaux étaient en détresse.

Le gouvernement ontarien inspecte les eaux de Marineland depuis 2021. Cette inspection se poursuit toujours, a confirmé mardi un porte-parole au bureau du Solliciteur général.

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