La patinoire du lac aux Castors, sur le mont Royal, ferme définitivement

MONTRÉAL — L’historique patinoire naturelle du lac aux Castors, à Montréal, devient l’illustration concrète de l’effet des changements climatiques, soutient un professeur en sciences environnementales.

La mythique patinoire du mont Royal, qui accueille des patineurs depuis des décennies, sera fermée de façon définitive, car les journées de belle glace se font de plus en plus rares chaque hiver.

Selon le responsable des Grands Parcs, des Espaces verts et des Grands Projets au comité exécutif, Luc Ferrandez, le nombre de jours de glace «patinable» est passé d’une centaine, à la belle époque, à 37 l’an dernier. Et lors de certains de ces quelques jours ouvrables, la glace était si mince que la machinerie passait à travers. La Ville ne peut plus se permettre de courir de tels risques, a indiqué M. Ferrandez, aussi maire de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal.

La patinoire du lac aux Castors, aménagée sur un plan d’eau artificiel, était d’ailleurs déjà fermée cet hiver, à cause de ces incidents. Une patinoire réfrigérée beaucoup plus petite, située près du pavillon du Lac-aux-Castors, demeure toutefois accessible aux amateurs de patin.

M. Ferrandez a assuré que la Ville tente de trouver un nouvel emplacement pour aménager une patinoire naturelle sur la montagne d’ici l’hiver prochain.

Selon le professeur en sciences environnementales Robert McLeman, de plus en plus de municipalités canadiennes seront confrontées à ce genre de dilemmes. Le phénomène arrivera plus rapidement dans le sud de l’Ontario, au Québec et dans les Maritimes, estime le professeur de l’Université Wilfrid-Laurier, à Waterloo, en Ontario.

M. McLeman est le cofondateur d’un projet de recherche, «RinkWatch», lancé il y a cinq ans pour mesurer les impacts à long terme des changements climatiques en observant… l’état des patinoires extérieures en Amérique du Nord. Les chercheurs ont pu ainsi prévoir l’allure que prendront les saisons de patinage extérieur.

Ainsi, à Montréal, la saison de patinage sera réduite du tiers, peut-être même de 40 pour cent, dans la seconde moitié du siècle, prédit M. McLeman. Plus à l’ouest, à Calgary par exemple, on parle d’une réduction de 20 à 25 pour cent du temps de glace.

Les municipalités seront donc de plus en plus confrontées à un dilemme: maintenir les patinoires extérieures pour des saisons sans cesse écourtées, ou dépenser de fortes sommes pour construire des patinoires réfrigérées ou des arénas.

Afin de maintenir une belle glace extérieure, la température moyenne quotidienne doit être de -5 degrés. «Même à -4, vous ne pourrez pas patiner là-dessus», précise le professeur McLeman. Et c’est ce régime que nous réservent les changements climatiques, croit-il.

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