La perte de l’odorat pourrait annoncer la maladie d’Alzheimer

MONTRÉAL — Une modification à l’odorat, voire sa disparition complète, pourrait annoncer l’arrivée de la maladie d’Alzheimer dans quelques années, ont constaté des chercheurs.

«Des études ont confirmé que le dysfonctionnement de l’identification olfactive permettrait de distinguer des personnes cognitivement saines des personnes qui auraient un déficit cognitif modéré ou qui auraient la maladie d’Alzheimer», a résumé le professeur Charles Ramassamy, de l’Institut national de la recherche scientifique.

Lors d’une première étude publiée en 2013, des scientifiques de l’Université de la Floride ont mesuré à partir de quelle distance leurs sujets pouvaient détecter un contenant de beurre d’arachides avec chaque narine.

Chez ceux qui souffraient probablement de la maladie d’Alzheimer, ils devaient approcher le contenant en moyenne dix centimètres plus proche de la narine gauche que de la narine droite.

Puis, en 2020, des chercheurs chinois ont constaté que les scores de détection des odeurs déclinaient chez les sujets atteints de pertes cognitives ou de la maladie d’Alzheimer.

La proportion de sujets présentant une dysfonction de l’odorat était particulièrement importante chez ceux souffrant de la maladie d’Alzheimer. 

«L’objectif est d’aller voir en amont de la maladie, jusqu’à quand on peut remonter dans le temps pour trouver ce dysfonctionnement-là, ce qui pourrait être prédictif de la maladie quelques années avant, cinq ou dix ans avant la maladie d’Alzheimer», a dit le professeur Ramassamy.

S’il faut garder en tête que la perte de l’odorat n’est pas spécifique à la maladie d’Alzheimer, comme la pandémie actuelle de coronavirus en fait la démonstration, cela pourrait représenter une «valeur ajoutée» aux tests qu’un médecin administre à son patient, surtout si celui-ci est proche du stade de la maladie, a-t-il ajouté.

Seulement 11 % des patients qui ont des problèmes cognitifs modérés, mais qui n’ont pas de dysfonctionnement olfactif, évolueront vers la maladie d’Alzheimer.

Les dysfonctionnements olfactifs seraient reliés aux altérations
constatées dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Des études d’imagerie montreraient par exemple que le cerveau des patients chez qui la maladie d’Alzheimer n’a pas encore été diagnostiquée, mais qui ont un dysfonctionnement olfactif, présente des altérations similaires à celles du cerveau des patients qui ont la maladie d’Alzheimer.

«Les mécanismes dans le cerveau pourraient commencer dix, vingt, trente ans avant les premiers symptômes, a conclu le docteur Ramassamy. Plus on peut identifier de marqueurs précoces dans le temps, plus on peut allumer une petite lumière rouge qui va nous dire de faire attention et on pourra faire des tests complémentaires pour aller plus loin.»

Laisser un commentaire