La perte de micro-organismes nuit à la pêche et aux océans, disent des chercheurs

PORTLAND, Maine — Le réchauffement des eaux au large de la côte est des États-Unis a entraîné la mort de micro-organismes qui constituent la base même de la chaîne alimentaire des océans, préviennent des chercheurs.

La chaleur et la salinité croissantes des eaux du golfe du Maine ― qui communiquent avec la baie de Fundy, le long des côtes de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ― provoquent un déclin important de la production de phytoplanctons, selon des scientifiques du Maine qui ont récemment dévoilé les conclusions d’une étude menée depuis plusieurs années avec l’appui financier de la NASA.

Les phytoplanctons, que l’on décrit parfois comme une «forêt invisible», sont de petits organismes qui servent de nourriture à la faune maritime.

Les chercheurs ont constaté que les phytoplanctons sont approximativement 65 % moins productifs dans le golfe du Maine qu’ils ne l’étaient il y a vingt ans. Le golfe du Maine compte parmi les sections des océans de la planète qui se réchauffent le plus rapidement.

La perte de ces petits organismes pourrait perturber des industries aussi importantes économiquement que le homard et les pétoncles. Elle pourrait aussi menacer des espèces déjà en péril, comme la baleine noire de l’Atlantique et le macareux moine, ont dit les scientifiques.

«La perte de productivité depuis vingt ans est profonde, a dit le directeur de l’étude, le chercheur William Balch du Bigelow Laboratory for Ocean Sciences à East Boothbay, dans le Maine. Et ça a des ramifications importantes pour ce qui peut croître à cet endroit ― la santé de l’écosystème, la productivité de l’écosystème.»

Les chercheurs ont analysé des données colligées depuis 1998 par des navires commerciaux ou de recherche qui effectuent constamment les mêmes trajets.

Ces données témoignent de changements entre le golfe et l’océan Atlantique, a dit M. Balch. L’intrusion d’eau chaude provenant de l’Atlantique-Nord depuis 2008 a créé un golfe plus chaud, plus salin et moins accueillant pour les phytoplanctons, prévient l’étude publiée par le Journal of Geophysical Research: Biogeosciences.

Les phytoplanctons sont gobés par des zooplanctons plus gros, des petits poissons et des crustacés, qui de leur côté sont essentiels à l’équilibre de la chaîne alimentaire jusqu’aux requins et aux baleines qui trônent au sommet. La perte des phytoplanctons «aura probablement des impacts négatifs sur la productivité générale» de plus gros animaux et des pêcheries commerciales, souligne l’étude.

Des conditions océaniques cycliques font aussi mal aux phytoplanctons. Le phénomène météorologique El Niño, qui réchauffe l’eau de surface du Pacifique équatorial, peut freiner la production de phytoplanctons, a dit la National Oceanic and Atmospheric Administration, une agence fédérale américaine.

Les chercheurs du Maine ajoutent que la perte de phytoplanctons est inquiétante parce que les organismes absorbent le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, comme le font les plantes terrestres.

Ça fait partie des dégâts infligés par les changements climatiques aux écosystèmes de toute la planète, a dit Jeff Runge, un professeur de l’École des sciences marines de l’Université du Maine qui n’a pas participé à l’étude.

«On a de plus en plus de preuves que c’est relié aux changements climatiques, a-t-il dit. Ça a de multiples effets sur le système que nous commençons à constater.»

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