Les niveaux des cours d’eau devraient connaître une baisse d’ici mardi

Les niveaux des cours d’eau dans l’ensemble des régions du Québec devraient connaître une baisse à partir des prochaines heures, puisque les précipitations de pluie devraient diminuer. Cependant, un prochain épisode de pluie prévu aux alentours de mercredi pourrait avoir des conséquences dans certaines régions, a indiqué tard lundi Jean Savard, directeur des opérations pour la Sécurité civile.

Toutefois, M. Savard avait bon espoir que les régions de la Montérégie et de l’Estrie en aient terminé avec la crue printanière, «considérant qu’il n’y a plus de neige au sol» et que «la pluie ne semble pas aller dans cette direction». 

Dans la région de Chaudière-Appalaches, où la situation était la plus difficile, 49 personnes étaient évacuées de leur maison en fin de journée lundi.

Pierre Corbin, directeur des opérations chez Hydro Météo, a indiqué lundi que les niveaux d’eau sont particulièrement élevés en Estrie, en Beauce, en Outaouais, en Montérégie et dans la région de Québec.

La rivière Chaudière est particulièrement problématique, la sécurité civile rapportant des inondations majeures au pont de la route 276 à Saint-Joseph et au pont de la route 112 à Vallée-Jonction, ainsi qu’un débordement important d’un de ses tributaires, la rivière Beaurivage, dans le secteur Saint-Étienne-de-Lauzon à Lévis. Dans ce dernier cas, la Ville de Lévis a procédé à l’évacuation de 37 résidences et à quelques fermetures de rue.

La Chaudière connaît aussi d’autres débordements, mais moins importants, sur pratiquement toute sa longueur, avec des pointes dans les secteurs de Sainte-Marie et de Scott. Quelques évacuations préventives ont dû être effectuées là aussi.

Dans la municipalité de Weedon, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Sherbrooke, en Estrie, 26 personnes ont dû évacuer leur résidence en raison du débordement du lac Louise. Le maire de Weedon, Richard Tanguay, a précisé qu’entre 40 et 50 résidences sont considérées comme étant inondées.

«Il y en a qui ont de l’eau dans la maison, ils ont de l’eau tout le tour de la maison, mais c’est davantage la question de sécurité qui est prioritaire parce que, dans la majorité des cas, il n’y aura probablement pas de réclamation», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

«Ils attendent que la crise passe, ils désinfectent et merci bonjour!», a raconté le maire Tanguay, précisant que cette situation est assez commune dans le secteur touché.

Les abords de la rivière Saint-Charles, en amont de la rivière Lorette dans la région de Québec, sont aussi aux prises avec des inondations qualifiées de moyennes, selon la classification du ministère de la Sécurité publique.

Plusieurs cours d’eau demeurent en situation d’inondation mineure, selon la Sécurité publique, notamment la rivière des Mille îles à Terrebonne, le lac Maskinongé à Saint-Gabriel-de-Brandon, la rivière Noire à Sainte-Émélie-de-l’Énergie, la rivière des Trois-Pistoles, la Rivière du Loup, la rivière Ouelle à Saint-Joseph-de-Kamouraska et la rivière Nelson à Québec.

Évidemment, les rivières Chaudières, Beaurivage et Saint-Charles sont sous haute surveillance, entre autres.

De son côté, la Sécurité civile assure une surveillance constante du territoire, avec l’aide d’experts, dans le but de prêter main-forte aux municipalités si nécessaire.

Thomas Blanchet, porte-parole pour la Sécurité civile au ministère de la Sécurité publique, indique que la fin de la pluie ne signifiera pas la fin des risques d’inondations.

En cas d’inondation, la Sécurité civile presse les citoyens de respecter les consignes des autorités et de ne prendre aucun risque qui pourrait menacer leur sécurité.

À Sainte-Marie-de-Beauce, un quinquagénaire a péri jeudi soir dans le sous-sol inondé de sa résidence. La cause de sa mort n’est pas encore connue.

Rivière des Mille Îles à Laval

L’eau de cette rivière a débordé sur les berges à Laval, dans les quartiers de Laval-Ouest et de Fabreville.

Certains tronçons de rues sont fermés, notamment la rue Riviera, qui se retrouve sous l’eau par endroits. La rivière lèche même quelques terrains gazonnés des habitations riveraines. Des troncs d’arbres et des bancs de parc reposent dans l’eau. 

La Ville de Laval se dit prête. Elle soutient avoir des équipes sur le terrain qui surveillent avec attention le niveau de la rivière qui encercle l’île Jésus. Les habitations ne subissaient pas lundi après-midi les contrecoups du débordement. Aucune distribution de sacs de sable n’est encore amorcée, mais les citoyens les recevront si les autorités estiment qu’une inondation peut toucher leurs maisons, assure la municipalité.

Ceux qui habitent sur la rue Riviera ne sont pas inquiets, même s’ils voient de l’eau sur leur terrain, ou à quelques mètres de leur maison. Ils en ont vu d’autres au fil des ans.

«C’est normal ça», lance Denis Quimper, en montrant l’eau qui se retrouve dans la rue, non loin de sa maison, alors que des hélicoptères survolaient le secteur. C’est le niveau qu’il voit à chaque année. Sauf l’an dernier, une année exceptionnelle, lors de laquelle son garage a été inondé, et des résidences du secteur ont dû être rasées car elles avaient été trop endommagées par les inondations, a  précisé l’homme qui habite l’endroit depuis 30 ans.

Les difficultés de l’an dernier ne l’ont pas échaudé pour l’avenir. «Il n’y aura pas de problème», assure-t-il.

Raymond Pelletier ne craint pas non plus de débordement majeur. Sa maison riveraine n’a pas de sous-sol, justement pour éviter des dommages. Il est d’avis que lundi, l’eau est déjà plus calme, et la façon dont elle se déplace indique qu’elle se retire. Il fait aussi confiance au barrage du Grand-Moulin, qui régularise les débits et s’ajustera en conséquence.

Ses voisins d’en face, Aline Gauthier et Michel Sansoucy, opinent: «C’est comme ça à chaque année — sauf l’an dernier».

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