La police de Montréal enquête sur le vandalisme visant des temples bouddhistes

MONTRÉAL — La police de Montréal a confirmé mercredi qu’elle mène une enquête pour crimes haineux à la suite de récents actes de vandalisme commis contre des temples bouddhistes, ce qui conduit un bénévole d’un temple à se demander si la communauté asiatique de la ville est ciblée par crainte du nouveau coronavirus.

Louis Le, un bénévole du temple Quan Am, croit que ces incidents sont des gestes racistes résultant de la peur de la nouvelle maladie apparue en Chine.

M. Le a soutenu que le temple qu’il fréquente a été vandalisé deux fois au cours du dernier mois par un individu cagoulé. Des images d’une caméra de sécurité le montrent fracassant des statues à coups de marteau.

Peu de temps après l’incident, M. Le a affirmé qu’il avait appris que deux autres temples avaient été la cible de gestes similaires. Il y a quelques jours, des statues du quartier chinois de Montréal ont également été vandalisées avec de la peinture en aérosol, a-t-il précisé.

Le jeune homme de 24 ans, qui a vécu à Montréal toute sa vie, dit que c’est la première fois qu’il entend parler d’incidents de ce type dirigés contre la communauté bouddhiste de Montréal, dont beaucoup de membres sont asiatiques.

«Ma théorie est que c’est en raison du coronavirus en ce moment, a-t-il présumé lors d’une entrevue téléphonique. Les gens l’associent à la communauté asiatique. Ce ne sont que des préjugés et de l’injustice.»

La police n’a pas confirmé le nombre ou la nature des incidents, mais des employés de trois temples distincts ont déclaré à La Presse canadienne que des statues à l’extérieur de leurs bâtiments avaient été endommagées au cours des dernières semaines.

La communauté bouleversée

M. Le a rapporté que le vandale avait brisé plus de 10 statues à l’extérieur et à l’intérieur du temple Quan Am, y compris une statue de Bouddha.

Les gestes de vandalisme ont bouleversé les membres de la communauté bouddhiste de Montréal, qui est très soudée, a-t-il mentionné.

M. Le dit avoir d’abord ressenti de la colère, mais il a essayé de s’éloigner de ce sentiment puisqu’il n’est pas approprié dans un temple bouddhiste.

«Mais pour les personnes âgées, c’est davantage un peu de peur», a-t-il noté.

Dinh Tran, qui travaille au temple Thuyen Ton dans le quartier Rosemont–La Petite-Patrie, a déclaré que des vandales avaient détruit quatre statues de lion en deux nuits la semaine dernière.

«Je me sens un peu triste, je ne sais pas pourquoi ils feraient ça», a-t-elle déclaré.

Une personne qui a répondu au téléphone au centre socioculturel bouddhiste Huyen Khong a déclaré que quelqu’un avait endommagé les museaux de deux statues de lion à l’extérieur du temple et peint leurs yeux en noir.

La police affirme ne pas avoir encore déterminé le mobile des gestes de vandalisme, mais précise que les attaques visant des symboles religieux sont considérées comme de présumés crimes haineux par les enquêteurs.

Les policiers encouragent toute autre victime d’incidents similaires à se manifester.

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