La police de Toronto renonce à participer au défilé de la fierté LGBTQ

TORONTO — Le Service de police de Toronto renonce finalement à participer au défilé de la fierté LGBTQ, en juin, alors que les organisateurs ne souhaitaient pas la présence de policiers en uniforme dans le cortège.

Le directeur du service, Mark Saunders, souhaite prouver, par ce retrait, qu’il est à l’écoute des préoccupations de la communauté, même s’il reste beaucoup de travail à faire. Dans un communiqué, il explique qu’en insistant pour participer au défilé, il aurait pu faire reculer les progrès accomplis jusqu’ici avec les communautés LGBTQ. Il espère que les parties travailleront de concert afin qu’un jour, les policiers soient les bienvenus à ce défilé.

Les tensions s’étaient accentuées au cours des derniers mois entre la police et les communautés LGBTQ de Toronto, en raison de la façon dont a été traité le dossier du présumé tueur en série Bruce McArthur. Le paysagiste de 66 ans a été accusé du meurtre au premier degré de six hommes, dont plusieurs avaient des liens avec le quartier gai de la métropole canadienne.

Le mois dernier, la Commission des services policiers de Toronto a approuvé un examen externe de la façon dont la police a géré le dossier des hommes disparus dans le village gai.

Dans une déclaration publiée lundi soir, les organisateurs de la semaine de la fierté, «Pride Toronto», affirmaient que l’enquête sur la disparition des six hommes avait été «insuffisante». On soutenait aussi que les craintes de la communauté quant à la possibilité qu’un tueur en série ait ciblé les hommes du quartier gai avaient été écartées par la police. La déclaration, qui avait aussi été signée par d’autres organisations LGBTQ, indiquait que la confiance de ces communautés envers la police «ne pouvait être rétablie avec un défilé», et réclamait le retrait de la demande de participation du Service de police de Toronto.

La directrice de Pride Toronto, Olivia Nuamah, a toutefois précisé que les policiers seront les bienvenus au défilé, mais sans uniforme, sans arme et sans véhicule de patrouille — des symboles qui indisposent certains membres des communautés LGBTQ. Mme Nuamah préfère que les policiers déploient leurs énergies à trouver des façons d’améliorer les consultations avec les communautés LGBTQ plutôt que de passer du temps à planifier leur participation au défilé.

En janvier 2017, Pride Toronto avait adopté une liste de demandes formulées par la section torontoise du mouvement «Black Lives Matter», qui exigeait notamment que les chars allégoriques de la police soient bannis du défilé, afin de ne pas dissuader des groupes marginalisés. Le mois suivant, le chef Saunders annonçait qu’à cause de dissensions au sein des communautés LGBTQ, notamment, la police de Toronto ne participerait pas au défilé de l’été dernier.

Le 38e défilé de la fierté LGBTQ de Toronto aura lieu le dimanche 24 juin.