La police de Toronto sera de nouveau invitée au défilé de la fierté gaie

TORONTO — Les organisateurs du défilé de la fierté à Toronto ont déclaré que la police était à nouveau invitée à participer à l’événement.

Les relations entre les organisateurs de l’événement et la police torontoise demeuraient tendues depuis les deux dernières années. Les policiers en uniforme s’étaient vus exclus du défilé en 2017 en raison de critiques sur le profilage racial. Cette année encore, ils se sont fait reprocher la gestion de l’enquête sur la disparition de nombreux homosexuels dans le village gai.

L’organisme Pride Toronto indique que les conversations sur «le pouvoir policier et institutionnel» ont progressé et que si les policiers souhaitent participer au défilé de 2019, leur demande sera acceptée.

«La décision est prise en considérant que Pride Toronto ne peut s’épanouir qu’en s’engageant dans une diversité d’efforts», a déclaré l’organisation dans une lettre ouverte adressée à la communauté LGBTQ.

«Les discussions cruciales qui ont commencé continueront, alimentées par le travail d’organisations dans notre communauté auxquelles nous faisons confiance.»

Le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, a signalé qu’il s’agissait d’une avancée importante pour son organisation.

«Nous devions déterminer comment avancer. Nous n’améliorerons pas le maintien de l’ordre sans établir des relations», a-t-il souligné.

«Ce n’est que le début d’un long cheminement. Nous ne sommes pas encore où nous devrions être, mais en tant que chef de la police, je vous promets que le service de police de Toronto fera tout ce qu’il faut et tout ce que nous pouvons pour arriver où nous devrions être.»

Des tensions de longue date

Des tensions entre la police et l’organisation du défilé ont éclaté en 2016 lorsque des membres du mouvement Black Lives Matter ont brusquement interrompu le défilé pour présenter plusieurs demandes, notamment d’exclure les policiers en uniforme, leur char allégorique et leurs voitures de patrouille.

Le groupe a cité les tensions entre les forces policières et les citoyens noirs découlant du profilage racial parmi les raisons de leurs revendications.

Les organisateurs du défilé ont accepté leur demande pour deux ans, affirmant que les policiers ne pourraient participer que s’ils n’indiquaient pas qu’ils faisaient partie de la police.

L’année dernière, les organisateurs ont également fait état de la colère persistante suscitée par l’inaction présumée de la police à la suite d’une série de disparitions dans le village gai de Toronto, précisant qu’il s’agissait d’une autre raison d’interdire la participation policière.

Bruce McArthur est actuellement inculpé de huit chefs de meurtre au premier degré pour ces disparitions.

Une décision peut-être «difficile»

Dans une lettre ouverte à la communauté LGBTQ, Pride Toronto a reconnu que la décision d’inviter la police à revenir aux festivités serait controversée.

«Pour plusieurs membres de notre communauté, cette décision semblera prématurée. Nous ne verrons peut-être pas les mêmes signaux sur l’amélioration des relations», est-il écrit.

«En effet, certains des changements sont subtils et sont en train de se mettre en place. Nous sommes rassurés des graines qui sont semées, mais nous reconnaissons et respectons ceux qui croient que cette décision est difficile.»

Le maire de Toronto, John Tory, attendait cette décision depuis longtemps.

«La Ville de Toronto appuie évidemment Pride (Toronto) et appuyait les discussions, qui, je vais être franc, ont pris plus de temps que je l’aurais voulu», a-t-il avoué.

«En fin de compte, il faut être patient, il faut consulter et être déterminé.»

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