La «police des polices» en Ontario colligera des données sur l’ethnicité

TORONTO — La «police des polices» en Ontario commencera cet automne à colliger des données sur l’ethnicité des plaignants, mais uniquement sur une base volontaire.

L’Unité des enquêtes spéciales (UES) a annoncé mardi qu’elle recueillera ces informations à compter d’octobre auprès des plaignants — ceux qui ont été gravement blessés lors d’interventions policières, qui allèguent des agressions sexuelles commises par des policiers, ou des proches de citoyens qui ont été abattus par la police. L’agence souhaite aussi colliger ces données auprès des policiers qui font l’objet d’une enquête.

Le directeur de l’UES, Joseph Martino, a expliqué que l’importance de ces données avait été mise en lumière par le rapport provisoire de la Commission ontarienne des droits de la personne, publié lundi dans le cadre de son enquête sur le profilage et la discrimination raciale à l’endroit des Noirs par le Service de police de Toronto.

La Commission a conclu que «les Noirs sont plus susceptibles que les autres personnes d’être arrêtés et inculpés, de faire l’objet d’accusations excessives, et d’être frappés, abattus ou tués par la police de Toronto».

Bien que les Noirs ne représentent qu’environ 8,8 % de la population de la métropole canadienne, ils représentaient près d’un tiers de toutes les accusations portées, ont constaté les auteurs de l’étude. Or, seulement un cinquième de ces accusations débouchait éventuellement sur une condamnation, «ce qui soulève des inquiétudes de nature systémique quant aux pratiques d’accusation».

Le directeur de l’UES convient que «la collecte, l’analyse et la communication publique de ces données de façon systématique contribueront grandement à aider le public et la police à mieux comprendre les défis liés au maintien de l’ordre et à la surveillance des services policiers, notamment les problèmes liés au racisme systémique à l’égard des personnes noires et des Autochtones».

Après la publication d’un premier rapport provisoire de la Commission des droits de la personne, en 2018, le Service de police de Toronto et la Commission des services policiers de la Ville avaient accepté notamment la recommandation de colliger des données sur l’ethnicité des prévenus.

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