La police russe réprime durement une manifestation d’opposants à Poutine

MOSCOU — La police russe a sévèrement réprimé samedi une manifestation qui s’est déroulée dans le centre de Moscou. Ils ont battu certains protestataires et procédé à plusieurs centaines d’arrestations.

Ces manifestants s’étaient rassemblés pour dénoncer l’exclusion de candidats de l’opposition des élections municipales de Moscou. La police a également fait irruption dans les bureaux d’une chaîne de télévision qui a diffusé des images de la manifestation.

Les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants qui tentaient de se rassembler devant la mairie. Les policiers ont chargé la foule, frappant à coups de matraque ceux qui étaient sur leur passage. Des rescapés ont tenté de tenir un autre rassemblement dans un parc situé à un kilomètre de là, mais les policiers ont procédé à de nouvelles arrestations.

Citant des sources policières, les agences de presse officielles Tass et RIA-Novosti ont rapporté que 1074 personnes ont été placées en état d’arrestation. On ignore si des accusations seront portées contre elles.

Plusieurs militants de l’opposition qui souhaitaient se présenter leur candidature aux élections visant à élire le conseil municipal ont été arrêtés avant même la tenue de la manifestation. Alexeï Navalny, le chef de file de l’opposition, a été condamné mercredi à 30 jours de prison pour avoir appelé à une manifestation non autorisée au coeur de la capitale russe.

Les manifestants, au nombre de 3500 selon les autorités, ont scandé des slogans comme «La Russie sera libre» et «Qui battez-vous ?». Une jeune femme a été aperçue saignant abondamment après avoir été frappée à la tête.

Des policiers casqués ont fait irruption dans un studio de M. Navalny pendant la diffusion de la manifestation sur YouTube. Ils ont arrêté le chef des programmes, Vladimir Milonov. La police a également perquisitionné chez Dozhd, une chaîne de télévision sur Internet qui couvrait la manifestation. Sa rédactrice en chef, Alexandra Perepelova, a été convoquée pour un interrogatoire devant le comité d’enquête.

La décision des autorités électorales d’interdire la candidature de membres de l’opposition parce qu’ils n’auraient pas récolté suffisamment de signatures a donné lieu à plusieurs manifestations.

Les 45 sièges du conseil municipal seront à l’enjeu à l’occasion des élections du 8 septembre.