La police se concentre sur le recrutement des jeunes autochtones en Alberta

STANDOFF, ALBERTA — L’agente de police Tasha Melting Tallow espère que son histoire aidera à convaincre de jeunes autochtones de considérer l’application de la loi comme une carrière à vie.

Mme Melting Tallow, membre de la Première Nation Kainai, a participé à une campagne de recrutement vendredi à Standoff, en Alberta, une communauté «Blackfoot» située à environ 200 kilomètres au sud de Calgary.

La jeune femme de 24 ans a déclaré qu’elle pensait être policière à l’école secondaire, mais la vie a fait en sorte qu’elle mette ce rêve en attente.

«Je suis tombée enceinte quand j’avais 15 ans. C’est fou. J’ai en quelque sorte laissé tomber et j’ai vécu une phase de maman pendant environ sept ans», a-t-elle raconté lors d’une entrevue avec La Presse Canadienne.

Après la naissance de son deuxième enfant, Mme Melting Tallow a déclaré avoir rencontré un inspecteur de la nation Kainai qui l’a encouragée à postuler.

«J’ai commencé le processus où vous divulguez la plupart de tout ce que vous avez fait dans votre passé et toutes les mauvaises choses que vous avez faites. J’ai reçu l’appel et me voilà», a-t-elle dit en riant.

Des représentants de la police de la nation Kaimai, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l’Agence des services frontaliers du Canada, des Forces armées canadiennes, de la police et des services d’urgence de Calgary et de Lethbridge ont installé des kiosques dans une salle communautaire locale dans le cadre d’une journée carrière où était servi un déjeuner.

Mme Melting Tallow a déclaré qu’elle espérait parvenir à convaincre certains jeunes qui pourraient penser que la police est l’ennemi.

«Beaucoup de gens regardent la police et pensent que nous sommes les méchants, mais je ne pense pas que les gens prennent vraiment le temps de découvrir qui nous sommes vraiment», a-t-elle déclaré.

«Nous sommes aussi humains que n’importe qui d’autre. Je pense que l’objectif de la police est d’attirer des jeunes. Vous pouvez redonner à votre communauté.»

La sergente par intérim Hadiga Little Wolf est impliquée dans le recrutement pour la nation Kainai. Elle est originaire de la nation Piikani voisine. Elle mentionne que son expérience de jeunesse lui a donné envie d’aider les autres.

«J’étais dans des foyers d’accueil. Je me souviens avoir eu affaire à la police et toutes mes relations avec la police, je pense, étaient très effrayantes», a relaté Mme Little Wolf.

«Je veux être là pour aider, juste pour être ce visage familier lorsque vous vous présentez aux appels pour que les gens se sentent à l’aise, aient confiance en la police et puissent leur parler.»

Des besoins importants dans le futur 

Allan Big Sorrel Horse de la nation Kainai a déclaré qu’il espérait faire quelque chose de bien de sa vie. Il est âgé de 15 ans, mais s’intéresse déjà au travail de la police.

«Je pense que je ferais un assez bon travail si j’étais capable d’aider. Je m’y connais un peu. Je ne sais pas si c’est une bonne chose à admettre, mais j’avais l’habitude d’avoir des ennuis. Je sais comment les gens agissent, ce que font les gens dehors», a-t-il raconté. Il dit qu’il ne veut pas rester assis et être paresseux et admet que c’est plutôt le cas ces temps-ci. 

L’agent de police de Calgary, Andy Buck, a souligné que le service doit embaucher de nombreux membres dans les années à venir et qu’il est important d’aider le public à considérer que la police est une option de carrière viable.

«Il y a beaucoup d’opportunités. Et en termes de compétences minimales requises pour que les personnes puissent postuler, la plupart vont remplir ces qualifications, ce qui surprend beaucoup de gens, a soutenu M. Buck. De toute évidence, une fois qu’ils remplissent ces qualifications et soumettent une candidature, c’est à ce moment que les tests commencent. Vraiment, c’est une carrière facile pour laquelle postuler.»

Le gendarme de la GRC, Omid Nezami, a vu plusieurs jeunes s’arrêter pour leur demander d’intégrer la police nationale.

«Nous apprécions les communautés autochtones et nous travaillons avec (elles). Il est légitime que nous les aidions à se développer et à les recruter, a déclaré M. Nezami. Nous sommes ici pour essayer de construire ces relations de confiance et essayer de regagner leur confiance et de leur montrer qu’ils peuvent faire partie de la solution.»

Mme Little Wolf indique qu’elle donne toujours les mêmes conseils aux jeunes à qui elle parle. Elle leur dit qu’il n’y a pas de bon moment pour être prêt, qu’il faut juste plonger la tête la première. 

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