La population de baleines noires continue de décliner, selon une étude

HALIFAX — Une nouvelle étude indique que la population de baleines noires de l’Atlantique Nord, menacée d’extinction, ne diminue pas aussi rapidement qu’il y a cinq ans, mais les chercheurs affirment que les derniers chiffres montrent que l’espèce a encore du mal à survivre et à se reproduire.

Selon le North Atlantic Right Whale Consortium, sa dernière estimation s’élève à 340 animaux l’an dernier, une baisse par rapport aux 348 enregistrés en 2020.

«Bien qu’il soit certainement bon de voir la pente de la trajectoire ralentir, la triste réalité est que l’espèce continue de baisser», a déclaré une chercheuse scientifique au New England Aquarium de Boston, Heather Pettis, dans un communiqué, lundi. 

Le consortium établi aux États-Unis, qui comprend plus de 200 organisations de conservation, gouvernementales et industrielles, affirme qu’il y a eu seulement 15 naissances en 2022, bien en dessous de la moyenne de 24 rapportée au début des années 2000. Dix-huit sont nés en 2021.

De plus, le groupe a déterminé qu’il n’y avait pas de nouvelles mères cette saison, ce qui soutient des recherches antérieures montrant une tendance à la baisse du nombre de baleines noires femelles capables de se reproduire.

Oceana, un groupe de conservation basé à Washington, a déclaré que les derniers chiffres «confirment la situation désastreuse à laquelle sont confrontées les baleines noires de l’Atlantique Nord». Il a appelé les responsables canadiens et américains à prendre des mesures immédiates pour protéger l’espèce de l’extinction.

«Nous devons maintenir toutes les mesures en place que nous avons déjà et continuer à travailler pour trouver des moyens d’affiner et de renforcer les mesures de protection des baleines noires», a fait valoir la directrice de campagne d’Oceana au Canada, Kim Elmslie. 

Pendant ce temps, des recherches récentes ont trouvé des preuves que les baleines restantes deviennent plus petites, en partie à cause des enchevêtrements fréquents dans les engins de pêche. Ainsi, les baleines noires — appelées aussi franches — plus petites produisent moins de baleineaux.

Cette année, cinq baleines ont été repérées avec du matériel de pêche attaché à elles. Au moins cinq autres ont aussi été empêtrées, montrant des blessures suffisamment importantes pour causer des blessures. Une collision avec un navire a également été détectée en 2022.

En 2017, le gouvernement canadien a introduit une série de mesures pour protéger les baleines après la mort de 12 d’entre elles dans les eaux canadiennes, principalement à la suite de collisions avec des bateaux ou de blessures causées par des engins de pêche.

Ces mesures actuelles comprennent une surveillance aérienne accrue, des restrictions sur les voies de navigation, des limites de vitesse plus lentes pour les navires, des fermetures temporaires de lieux de pêche et une surveillance en temps réel à l’aide d’appareils d’écoute sous-marins.

Selon Mme Elmslie, ces mesures ont contribué à réduire le nombre de collisions avec des navires et d’enchevêtrements, mais elle estime que davantage doit être fait.

«En ce moment, nous utilisons des ordonnances provisoires et la discrétion ministérielle, qui sont censés être une solution temporaire, a-t-elle mentionné en entrevue. Cela a fonctionné et nous avons une base solide. Nous devons maintenant rendre le programme plus permanent, avec un financement permanent pour le maintenir en place.»

Entre 2017 et 2022, les collisions avec des navires et les enchevêtrements d’engins de pêche ont été la principale cause de décès et de blessures graves chez les baleines noires.

Un expert en conservation marine à l’Université Dalhousie à Halifax, Boris Worm, trouve très troublant le faible taux de natalité.

«La raison en est que la qualité de la nourriture est mauvaise, avance-t-il en entrevue. Les mères n’ont tout simplement pas de bébés, ou pas aussi souvent parce que leur corps ne peut pas le supporter. Elles ne tombent pas enceintes.»

Cette situation n’était pas observée au début des années 2000, lorsque la population augmentait rapidement, expose M. Worm. Mais il a ajouté que les baleines avaient modifié leurs trajets de migration estivale à mesure que les changements climatiques affectaient leur approvisionnement alimentaire. Elles s’aventurent désormais plus au nord dans les voies de navigation les plus fréquentées du Canada.

Bien que le déclin global de la population ait ralenti, le nombre de baleines noires est maintenant à peu près le même qu’en 2001.

Philip Hamilton, scientifique principal au New England Aquarium de Boston, a déclaré que la population avait augmenté de 150 animaux entre 2001 et 2011, mais qu’elle s’était stabilisée, puis qu’un déclin abrupt avait commencé en 2017.

Signe que cette espèce peut se rétablir «si nous arrêtons de les blesser et de les tuer», a affirmé M. Hamilton dans un communiqué.

Jusqu’à présent cette année, aucun décès de baleine franche n’a été détecté, mais les scientifiques restent préoccupés par l’espèce, la grande baleine la plus menacée au monde.

«Bien que nous puissions être prudemment optimistes à ce sujet, nous savons que seulement un tiers des décès de baleines noires sont observés, il est donc probable que certaines baleines soient mortes cette année sans être observées. De plus, nous continuons à voir des niveaux insoutenables de blessures aux baleines franches causées par les activités humaines», a évoqué le président du consortium, Scott Kraus, dans un communiqué.

Il est estimé que la population de baleines franches a culminé à environ 21 000 avant que la chasse intensive ne réduise considérablement leur nombre. Dans les années 1920, il en restait moins de 100 à cause de la pratique de la chasse. Après l’interdiction de la chasse à la baleine noire en 1935, la population est passée à 483 en 2010.

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