La population du Vieux Québec atterrée et abasourdie par l’attaque de la veille

QUÉBEC — La population du Vieux-Québec était atterrée et abasourdie dimanche après la funeste nuit d’Halloween qu’elle a traversée.

Un individu, vêtu d’un costume digne du Moyen-Âge et armé d’un sabre japonais, a agressé des quidams qu’il croisait sur son chemin, tuant deux personnes et en en blessant cinq autres.

Certains résidents, sortis pour leur promenade matinale, ont dit à La Presse Canadienne qu’ils avaient entendu des sirènes et vu les gyrophares des véhicules d’intervention, sans réaliser ce qui se déroulait vraiment.

Stanislas Thomassin, qui habite à seulement 300 mètres de l’endroit où l’une des attaques a eu lieu, dit qu’un de ses amis avait remarqué les nombreuses alertes lancées sur les réseaux sociaux, mais que tous deux n’en avaient tiré aucune conclusion,

«Ce matin, j’ai reçu un mot d’un ami en France qui s’inquiétait à mon sujet, c’est là que j’ai réalisé l’horreur de ce qui s’était passé, raconte M. C’est normalement très calme, très paisible dans le Vieux-Québec.»

Arpentant les rues du quartier historique pour promener son chien, Michel Proulx, n’avait pas d’explication, lui non plus.

«C’est assurément hors de l’ordinaire, dit-il. J’ai vu des gyrophares, mais je ne savais pas que ça pouvait être ça.»

Carol Proulx, un des co-propriétaires d’une boutique de vêtements de la rue Saint-Jean, était affligé par les événements.

«Aujourd’hui, c’est vraiment particulier sur la rue, c’est très tranquille», reconnaît-il à La Presse Canadienne.

Le coeur n’y tenant plus vraiment, M. Proulx a décidé de fermer sa boutique plus tôt que d’habitude. «Je viens de fermer, ça ne me tente plus. Depuis les mauvaises nouvelles qu’on a apprises, le goût de répondre aux gens n’est plus vraiment là.»

Deux victimes

M. Proulx disait connaître les deux victimes, François Duchesne et Suzanne Clermont.

Le salon de coiffure où travaillait Mme Clermont était situé près de son commerce. Il l’a décrite comme une «une dame sympathique qui était à son affaire».

Quant à M. Duchesne, le directeur des communications du musée des Beaux-Art du Québec, c’était «quelqu’un qui était bien aimé des gens qu’il côtoyait.»

Le fait de connaître les deux victimes «le vire à l’envers».

«Les deux, on les connaissait. Ça nous touche. Québec c’est une belle grande ville, mais c’est aussi un petit village. Ce n’est pas long qu’on croise quelqu’un qui connaît quelqu’un qu’on connaît.»

Des fleurs et un petit chat en peluche ont été déposés au domicile de Mme Clermont, sur la rue des Remparts.

Lucie Painchaud, une voisine de Mme Clermont, l’a elle aussi décrite comme une femme «sympathique». Elle et son mari Jacques formaient un «beau couple», a-t-elle ajouté.

«Elle aimait lire des romans. Elle en lisait tout le temps. Elle en parlait tout le temps. Elle aimait aussi voyager.»

Selon elle, la victime était sortie pour fumer une cigarette au moment du drame.

Pour cette résidente du quartier depuis 16 ans, qu’un tel drame puisse y survenir est «incroyable».

«Quand quelque chose comme ça arrive près de chez vous, c’est quelque chose qui nous affecte plus qu’un événement qui se déroule au loin», a-t-elle souligné.

La nouvelle a également attristé les collègues de M. Duchesne, le directeur des communications du Musée des Beaux-Arts du Québec. «Nous sommes tous sous le choc, a indiqué une porte-parole Linda Tremblay. C’est une tragédie inexplicable et injuste.»

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