La première garde côtière autochtone patrouille le long de la Colombie-Britannique

VICTORIA — La première mission de garde-côte menée par des Autochtones a permis de secourir un pêcheur et de récupérer des bateaux à la dérive. L’opération a eu lieu lors d’une des pires tempêtes de la saison, il y a quelques jours.

« Nous avons reçu plusieurs appels, raconte un coordinateur auxiliaire, Robert Johnson, de la nation Heiltsuk. Les navires flottaient sans contrôle près du quai du gouvernement. Un de nos bateaux a essayé d’en remorquer un autre, mais nous avons dû le laisser partir. »

Nouvellement opérationnelle, la Garde côtière auxiliaire des Premières Nations côtières compte plus de 50 membres provenant de cinq territoires autochtones, qui sont formés en recherche et sauvetage maritime. Sur appel jour et nuit, ils peuvent être appelés pour des urgences dans une des zones côtières les plus lointaines de la Colombie-Britannique.

Cette organisation fait partie d’un programme de 1,5 milliard $ du gouvernement fédéral pour la sécurité maritime et la protection de l’environnement.

Les eaux souvent perfides de cette zone seront plus sûres, dit M. Johnson, grâce à la présence de membres auxiliaires autochtones qui connaissent intimement le territoire et qui ont reçu une formation de recherche et sauvetage maritime.

Selon le directeur général de l’organisation, Conrad Cowen, le naufrage d’un bateau d’observation des baleines à Tofino en 2015, qui avait coûté la vie à six passagers, est à la genèse de ce programme. Des pêcheurs autochtones de villages avoisinants avaient alors sauvé la vie de 21 personnes.

M. Cowen mentionne que les unités autochtones travailleront avec la Garde côtière canadienne et le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage de Victoria. Ce dernier dépêche les équipes de secours, mais elles ont un avantage en raison de leur connaissance des secteurs.

Les nations Ahousaht et Nisga’a ont reçu des subventions fédérales pour se procurer des bateaux spécialisés pour leurs unités. D’autres équipes utiliseront les navires personnels de leurs membres, certifiés par la garde côtière.

Des résidents de Bella Bella, en Colombie-Britannique, perçoivent aussi cette initiative comme une occasion d’établir une bonne relation avec le gouvernement, souligne M. Johnson. C’est aussi une occasion de rendre plus fière la communauté, ajoute-t-il.

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