La première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation aura lieu jeudi

Des victimes du système de pensionnat pour autochtones veulent offrir des conseils pour célébrer jeudi la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Le Parlement canadien a adopté en juin une loi instituant une journée fériée afin de permettre à tous les Canadiens de reconnaître et de commémorer les séquelles des pensionnats. Le congé est obligatoire pour les fonctionnaires fédéraux et les employés des établissements à charte fédérale.

Des écoles, des commerces et différents ordres de gouvernement ont aussi choisi d’honorer cette date, aussi connue sous le nom du Jour du chandail orange.

L’établissement d’une telle journée fériée commémorative était l’une des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Geraldine Shingoose a connu l’enfer des pensionnats pour enfants autochtones. Selon elle, il est important d’écouter ceux qui l’ont vécu.

«Je demande au Canada de nous voir, de nous entendre et de nous croire», dit-elle en faisant écho à une déclaration du Murray Sinclair, qui fut le président de la Commission de vérité et réconciliation.

Mme Shingoose suggère aux Canadiens d’observer une minute de silence à 14h15 en référence aux restes de 215 élèves sur l’ancien terrain d’un pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Elle ajoute que de simples petits gestes, comme placer un chandail orange à une fenêtre peut laisser une empreinte profonde aux victimes.

Mme Shingoose et d’autres victimes ont voyagé de Winnipeg à Kamloops au cours de l’été. Ils ont pu constater, tout au long de leur itinéraire, la solidarité de nombreux résidants et commerçants qui avaient placé des chandails orange à leur fenêtre.

«C’était beau à voir. J’ai vraiment été touchée», lance-t-elle.

Des pédagogues prônent que l’histoire des pensionnats pour Autochtones doit être racontée dans toutes les écoles. Certaines provinces ont jugé qu’elle était inappropriée pour les plus jeunes.

Linda Issac, une pédagogue de la Première Nation d’Alderville et directrice de l’éducation, de l’équité et de l’inclusion pour les Autochtones chez Nelson Education, croit que les programmes d’études doivent comporter des éléments sur l’importance des Anciens, sur les valeurs et les familles autochtones.

«Si on peut éduquer les jeunes enfants sur l’importance de la famille, de la communauté et de l’harmonie dans la vie des Autochtones afin qu’ils puissent comprendre complètement les impacts, alors nous aurons une nouvelle génération», dit-elle.

Charlene Bearhead, directrice de la réconciliation à la Société géographique royale du Canada, veut que l’histoire des pensionnats soit étudiée pendant toute l’année scolaire. Les enseignants devraient toutefois pouvoir demander avant le 30 septembre aux élèves de partager ce qu’ils ont appris de leur famille, de leurs amis ou des collectivités.

«C’est la journée pour avoir une réflexion. C’est une journée pour mener ces discussions.»

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Répondre au commentaire de Roy serge

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.