La présence des militaires demeure un sujet de discorde entre Québec et Ottawa

QUÉBEC — La présence des soldats dans les CHSLD demeure une pomme de discorde entre Québec et Ottawa.

Le Québec cherche à obtenir la garantie que les Forces armées canadiennes vont demeurer présentes dans les résidences pour aînés, et en nombre suffisant, jusqu’à la mi-septembre. Mais le message ne semble pas se rendre à Ottawa.

Le premier ministre François Legault a fixé à 1000 le nombre de soldats requis.

Il n’a pas caché son inquiétude, jeudi, en conférence de presse, en constatant qu’une partie des soldats dépêchés depuis avril dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) avaient déserté les lieux, alors que les besoins sont toujours là.

La pénurie de personnel demeure un problème criant dans ces établissements, durement frappés par le virus de la COVID-19.

Il a noté que le 21 mai, le Québec pouvait compter sur 1320 soldats dans les CHSLD. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 750, soit seulement 400 dans les CHSLD et 350 affectés à la supervision de l’opération, postés à l’extérieur des lieux.

Il a dit rappeler au premier ministre Trudeau, à chaque fois que l’occasion se présentait, qu’il avait surtout besoin «de bras dans les CHSLD», donc il souhaite que l’armée transfère des superviseurs vers ces établissements.

Même si la propagation du virus ralentit, la situation est encore difficile dans les CHSLD.

On compte 218 établissements pour aînés où le virus est présent et 1126 résidants infectés.

Le premier ministre Trudeau a dit qu’il ne laisserait pas tomber le Québec, mais n’a pas pris d’engagement précis.

«Je n’ai toujours pas eu de réponse à savoir qu’est-ce qu’il y a de plus urgent au Canada ou à l’étranger que de s’occuper de nos aînés dans les CHSLD», a réaffirmé M. Legault.

Le premier ministre a dit aussi craindre l’intrusion du gouvernement fédéral dans les champs de compétence du Québec.

Le programme fédéral de transfert de 14 milliards $, annoncé à l’intention des provinces pour traverser la crise, laisse le Québec méfiant. 

«C’est important qu’il n’y ait pas de conditions» rattachées à cette aide, a insisté M. Legault, qui s’attend à recevoir au moins 3 milliards $ du total.

Il y a «beaucoup de choses qui m’inquiètent là-dedans», a avoué M. Legault, qui entend faire respecter la compétence du Québec en santé.

M. Legault soupçonne son homologue fédéral de vouloir exercer «un certain contrôle» sur l’attribution des sommes versées par Ottawa.

«La santé, c’est de compétence provinciale. Il n’est pas question qu’on cède tout le contrôle de la stratégie de dépistage», pas plus que celui de l’approvisionnement en équipement de protection individuelle, a-t-il dit.

Il a rappelé que Québec avait déjà dépensé depuis le début de la crise sanitaire 3 milliards $ en santé et 3 milliards $ supplémentaires dans l’économie.  

Masque: pas d’obligation

Dans un autre ordre d’idées, contrairement à Toronto, le Québec n’a toujours pas l’intention de rendre obligatoire le port du masque, même dans les transports publics.

«Je ne veux pas exclure que ça pourrait être le cas», lors d’une deuxième vague, si «les autorités internationales vont dans ce sens-là», a indiqué le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, qui continue à recommander «très fortement» de le porter.

Avec la série de mesures de déconfinement, il a dit craindre «un certain relâchement» quant à l’observation des consignes de distanciation sociale.

Il a réaffirmé qu’il pourrait revoir à la baisse la consigne de 2 mètres de distance entre les personnes. Ce n’est pas «ecxlu», a-t-til dit, sans indiquer quand il pourrait se prononcer sur le sujet.

Même s’il y a une forte deuxième vague, il ne prévoit pas devoir imposer un confinement total au Québec.