La présidente de la CDPDJ tient à être entendue par l’Assemblée nationale

QUÉBEC — La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Tamara Thermitus, rejette les appels à sa destitution et insiste pour être entendue à l’Assemblée nationale.

Dans une lettre envoyée le 3 mai au président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, et déposée mardi au Salon bleu, Mme Thermitus soutient que demander sa démission ou sa destitution «sans indemnisation» aujourd’hui «constitue un grave déni de justice et une entrave aux principes de justice naturelle les plus élémentaires».

«Je vous demande de voir à ce que mes droits soient respectés et qu’aucun processus de destitution ne soit entamé tant et aussi longtemps que l’enquête du Protecteur du citoyen est en cours», a-t-elle écrit au président.

«De plus, je tiens à être entendue par les parlementaires au moment opportun», a-t-elle tranché. 

Le Protecteur du citoyen enquête présentement sur des allégations de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir visant Mme Thermitus. L’avocate de formation est en arrêt de travail depuis octobre.

La Commission des droits de la personne connaît depuis plusieurs mois des difficultés liées à la gouvernance, à la gestion des ressources humaines et aux communications, a constaté l’ex-sous-ministre Lise Verreault.

Dans son rapport, commandé par la ministre de la Justice et rendu public la semaine dernière, elle note que Tamara Thermitus a un style de gestion qui «a tendance à créer de la résistance et de la démobilisation pour le personnel». Elle n’aurait pas la capacité ni les compétences pour apporter des changements et «redresser la situation».

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont tous deux retiré leur confiance à Mme Thermitus dans la foulée du rapport Verreault.

Le gouvernement Couillard pourrait ainsi déposer une motion à l’Assemblée nationale pour la destituer de son poste, un geste qui serait sans précédent.

Dans sa missive, Mme Thermitus rappelle à Jacques Chagnon qu’elle est la première femme noire à avoir été nommée présidente de la CDPDJ, et qu’elle a passé sa carrière à défendre les droits de la personne, notamment dans le dossier des pensionnats autochtones.

«Je tiens à être entendue et à ce que la lumière soit faite sur cette affaire», a-t-elle ajouté. 

Au bureau du premier ministre, on dit attendre le rapport du Protecteur du citoyen. Celui-ci n’a pas précisé à quel moment son enquête sera terminée.

Dans une déclaration transmise à La Presse canadienne, la vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, a dit que «le constat du rapport de Mme Verreault la concernant est très dur et sans appel. Pour nous, il est clair comme il était clair la semaine dernière qu’elle doit démissionner».

Il reste cinq semaines à la session parlementaire. Les travaux de l’Assemblée nationale ajourneront le 15 juin pour la période estivale.