La Presse et Concordia finalistes aux prix du «journalisme d’intérêt public»

MONTRÉAL — L’Institut de journalisme d’enquête de l’Université Concordia et le quotidien La Presse sont finalistes cette année pour la plus haute récompense canadienne en «journalisme d’intérêt public»: le prix Michener.

L’Institut de journalisme d’enquête de l’Université Concordia avait créé un singulier partenariat journalistique qui a révélé de fortes concentrations de plomb et autres contaminants dans l’eau potable. Le projet «Eau contaminée» a impliqué plus de 120 journalistes de six médias, dont Le Devoir, des étudiants et des facultés de neuf institutions postsecondaires et plus de 700 demandes d’accès à l’information.

«L’enquête a rapidement eu des répercussions, alors qu’on s’est engagé à travers le Canada à remplacer les tuyaux en plomb et à tester l’eau plus rigoureusement», ont souligné les jurés du prix Michener. «Mais surtout, cela représente une nouvelle voie à suivre; une nouvelle façon de réaliser d’excellents reportages d’intérêt public.»

Par ailleurs, les enquêtes menées à La Presse depuis 2016 par le journaliste Vincent Larouche ont permis de mettre au jour l’infiltration du crime organisé dans le secteur de la décontamination des propriétés. On a ainsi appris que des entrepreneurs effectuaient des déversements illégaux de sols contaminés.

«Ce travail inlassable a amené des changements au sein de l’industrie, du monde municipal et une révision de la réglementation non seulement au Québec, mais aussi en Ontario», ont noté les jurés du prix Michener.

Une enquête du «Halifax Examiner» sur une erreur judiciaire, une autre de CBC sur les agressions sexuelles dans le sport amateur et une autre du «Globe and Mail» sur les fausses promesses faites à des travailleurs et des étudiants étrangers figurent aussi parmi les finalistes.

Le prix Michener est généralement remis lors d’une cérémonie à Rideau Hall, présidée par la gouverneure générale, mais cet événement a été reporté «à une date ultérieure» en raison de la pandémie.

«Les salles de rédaction à travers le pays font face cette année au plus grand défi jamais vu, a d’ailleurs indiqué le président de la Fondation Michener, Pierre-Paul Noreau. Pourtant, les nouvelles locales n’ont jamais été plus essentielles.»

Le Prix Michener a été fondé en 1970 par l’ancien gouverneur général Roland Michener. Le jury cette année est composé notamment de Pierre Tourangeau, ex-ombudsman et ancien chef des nouvelles de Radio-Canada, Katherine Sedgwick, professeure de journalisme au Collège Loyola et ex-éditrice adjointe au quotidien «The Gazette», et Pierre Asselin, ex-éditorialiste au quotidien Soleil.