La prison pour un «ramancheur» de Val-d’Or coupable d’agressions sexuelles

VAL D’OR, Qc — Un «ramancheur» de Val-d’Or, Jean-Marie Bergeron, a été condamné à une peine de deux ans moins un jour d’emprisonnement pour des agressions sexuelles.

Au terme d’un procès qui a duré deux jours, le juge Jean Beaulieu, de la Cour du Québec, l’a reconnu coupable de quatre des cinq chefs d’accusation d’agression sexuelle qui pesaient contre lui.

Le juge s’est rendu à la suggestion commune des deux procureurs en présence, Me Tania Bélanger (Couronne) et Me Francis Germain (Défense).

À sa sortie de prison, l’homme de 67 ans sera soumis à une probation surveillée de deux ans, et il devra suivre une thérapie sur le consentement sexuel. Il lui sera aussi interdit d’entrer en contact de quelque façon que ce soit avec ses victimes.

L’accusé, qui offrait également des services de massothérapie, a été arrêté en juillet 2019 pour des gestes commis sur cinq femmes, dont une d’âge mineur, entre 2014 et 2019. Au cours de certaines manipulations, l’accusé aurait touché les seins et les parties génitales de ses présumées victimes, allant même jusqu’à faire pénétrer ses doigts dans leurs parties intimes.

L’accusé a par ailleurs été acquitté d’une accusation d’avoir incité une mineure à se toucher.

Dans le prononcé du verdict, le juge Beaulieu soulève plusieurs contradictions «flagrantes» dans le témoignage de Bergeron. «Il ne s’est jamais préoccupé d’avertir ses clientes lorsqu’il s’approchait de leurs parties génitales ou de leurs seins, dit le juge. Il se contentait plutôt de leur dire : tu me connais, fais-moi confiance. Il ne s’est jamais préoccupé d’avoir le consentement de ses clientes avant d’effectuer ces manipulations.»

Il aurait aussi répété à plusieurs reprises qu’il ne retirait aucun plaisir à effectuer ces gestes, ce qui, selon le juge, dénote qu’il savait qu’ils étaient à caractère sexuel.

Le juge soulève une autre contradiction dans le cas de l’accusé : «Il se présente comme un ‘ramancheur’, alors qu’il émet des factures pour de la massothérapie. Plus encore, il charge plus cher si sa cliente est assurée.»

Quant aux témoignages des victimes, le juge estime qu’ils sont livrés avec aplomb, que les femmes ne se connaissaient pas et qu’elles ne se sont pas parlé avant le témoignage.

Représentations sur sentence

Le juge Beaulieu a reçu des lettres de quatre des cinq victimes dans le cadre des représentations sur sentence. Deux des victimes sont venues témoigner de ce qu’elles ont vécu à la suite des incidents.

La première a dit ressentir de l’anxiété constante, et elle a peur de rencontrer un thérapeute pour soulager sa douleur. Elle a également affirmé que sa vie de couple en a été grandement affectée.

La seconde victime est venue dire au tribunal qu’elle avait changé de carrière à la suite de l’agression, elle qui voulait devenir infirmière auxiliaire.

Elle travaillait à mi-temps dans un foyer pour personnes âgées, et a décidé d’abandonner. «Je me sentais comme un agresseur, a-t-elle dit à la Cour. Quand je lavais les bénéficiaires, je ne savais pas si je faisais bien. Je me sentais dégueulasse.»

Elle a ensuite raconté que ses relations avec son conjoint étaient devenues complexes. «Je me sens mal de lui infliger cette douleur», a-t-elle affirmé.

Le juge Beaulieu a remercié les victimes pour leur témoignage et a salué le courage dont elles ont fait preuve en acceptant de témoigner contre le prévenu.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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