La production de pétrole et de gaz augmentera d’ici 2040, prévoit la Régie

CALGARY — La Régie de l’énergie du Canada prévoit que les Canadiens réduiront leur consommation d’énergie par habitant au cours des 20 prochaines années et qu’ils utiliseront davantage l’énergie renouvelable.

Mais le nouveau rapport de la régie prévoit également une croissance accrue de la production de pétrole et de gaz, ce qui devrait servir d’avertissement au gouvernement fédéral s’il souhaite toujours respecter ses engagements en vertu de l’Accord de Paris, croit Keith Stewart, stratège principal à la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada.

«Nous savons déjà que les politiques actuelles sont insuffisantes», a déclaré M. Stewart mardi. Or, les conclusions du rapport de la régie fédérale constituent de très mauvaises nouvelles pour les libéraux, selon lui. Si l’on en croit ces chiffres, «nous serions bien loin des engagements pris à Paris et nous nous éloignerions totalement de l’engagement net du gouvernement pour 2050», a-t-il soutenu.

Au cours de la récente campagne électorale fédérale, les libéraux avaient promis de mettre en œuvre des politiques pour que le Canada soit «carboneutre» d’ici 2050. Mais plusieurs provinces s’opposent aux stratégies fédérales et les libéraux n’ont pas été en mesure de faire élire des députés en Alberta et en Saskatchewan, deux provinces productrices de combustibles fossiles.

L’estimation présentée dans le rapport sur «l’offre et la demande énergétiques à l’horizon 2040», publié mardi, est fondée sur les politiques actuellement en vigueur. La Régie de l’énergie du Canada précise que les tendances seraient affectées à mesure que de nouvelles mesures proposées entreraient en vigueur.

Le rapport estime que la consommation d’énergie au Canada devrait augmenter de moins de cinq pour cent d’ici 2040, alors que la population augmentera de 20 pour cent. «La contribution des énergies renouvelables et nucléaire au bouquet électrique passe de 81 pour cent aujourd’hui à 83 pour cent à l’horizon 2040», estime-t-on. L’énergie éolienne et solaire doublerait, pour constituer près de 10 pour cent du bouquet électrique du pays.

L’agence prévoit par ailleurs une croissance régulière de la production de pétrole et de gaz, mais à un rythme plus lent que ce que prédisait l’Office national de l’énergie, ancêtre de la Régie. La production de pétrole devrait augmenter de près de 50 pour cent d’ici 2040, pour atteindre environ 7 millions de barils par jour (bpj), tandis que la production de gaz augmenterait de plus de 30 pour cent, pour atteindre plus de 20 milliards de pieds cubes par jour — dont environ 3,7 milliards de pieds cubes par jour de gaz naturel liquéfié.

Ces prévisions reposent sur l’hypothèse que les trois grands projets d’oléoducs — Trans Mountain, Keystone XL et la Ligne 3 d’Enbridge — fonctionnent comme prévu et que cette capacité de livraison, combinée à des transports continus de pétrole brut par rail, suffise à alimenter la croissance de la production.

En juin dernier, l’Association canadienne des producteurs pétroliers prévoyait que la production de brut canadien augmenterait à 5,86 millions de bpj d’ici 2035, soit une augmentation de 1,27 million de bpj par rapport à 2018. L’Association a également estimé que l’investissement total atteindrait 37 milliards $ cette année, soit environ la moitié des 81 milliards $ dépensés en 2014. Les dépenses en capital dans les sables bitumineux devraient diminuer pour une cinquième année consécutive, à environ 12 milliards $, soit environ le tiers des investissements enregistrés en 2014.

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