La progression du transport en commun stagne dans la grande région de Montréal

MONTRÉAL — Qu’ils portent la ceinture de sécurité ou pas, les habitants de la grande région de Montréal sont solidement attachés à leur voiture.

L’Enquête origine-destination 2018 montre une augmentation minuscule de l’usage du transport en commun depuis cinq ans, alors que la population augmente et que le parc automobile est aussi en croissance.

La courbe de croissance est à ce point anémique qu’il faudra un quasi-miracle pour atteindre les objectifs d’avoir une part modale de 35 % des déplacements en transport en commun d’ici 2030.

Ainsi, entre 2013 et 2018, la part modale du transport en commun n’a augmenté que de 1 %, pour atteindre 24 %, ce qui signifie que trois déplacements sur quatre se font toujours en auto. À ce rythme, la part du transport en commun n’atteindra que 26 % en 2028. Parallèlement, l’usage de l’automobile a reculé, mais là aussi de manière négligeable, soit de 1 % sur cinq ans.

En présentant ces résultats mardi, le directeur exécutif de la planification de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), Daniel Bergeron, a reconnu qu’il y a «urgence d’agir de manière importante» pour atteindre l’objectif de 35 %.

Les enquêtes précédentes montraient des augmentations significatives de l’usage du transport en commun, attribuables en bonne partie à des périodes de hausses significatives du prix de l’essence ou, surtout, lorsque de nouveaux services — le métro à Laval, les nouvelles lignes de trains de banlieue — étaient devenus disponibles.

Ces chiffres démontrent clairement que l’usage des transports en commun est directement lié à leur disponibilité et leur efficacité.

Or, une des tendances qui risque de nuire à la croissance de l’usage du transport en commun est celle où les employeurs s’installent dans les couronnes nord et sud, soit à l’extérieur des agglomérations de Montréal, Laval et Longueuil, pour échapper à la congestion. Les données ont de quoi inquiéter: le transport en commun n’est utilisé que dans 3 % des déplacements à destination de la couronne nord et — pire encore — dans 1 % des déplacements à destination de la couronne sud.

Tous les experts s’entendent pour dire que l’implantation du transport en commun exige une densification de l’habitation, une voie que plusieurs municipalités en périphérie de la métropole hésitent à emprunter.

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