La prolifération d’une espèce d’acarien a nui aux colonies d’abeilles au pays

FREDERICTON — Près de la moitié des colonies d’abeilles ont été anéanties au cours de l’hiver au pays, la plus importante perte apicole des 20 dernières années, selon des données préliminaires.

«C’est plutôt bouleversant!», lance le président de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture (ACPA), Ernesto Guzman.

Cette surmortalité peut être attribuable à plusieurs facteurs, mais M. Guzman croit que la prolifération du varroa, un acarien parasite qui se nourrit d’abeilles, en est la principale cause. Il explique que les chaudes températures du printemps 2021 ont contribué à la croissance des colonies d’abeilles. Malheureusement, ces conditions ont aussi favorisé la prolifération du varroa.

«La croissance des colonies [d’abeilles] s’amorce tôt en saison. La période de reproduction survient plus tard. La population du varroa bondit également. Elle est très élevée à la fin de l’été», raconte M. Guzman. Il ajoute que la plupart des apiculteurs attendent d’avoir récolté le miel avant de combattre les parasites.

«Ils commencent à traiter les ruches contre le varroa au début de l’automne, et c’est alors peut-être trop tard, car la population de parasites a crû de façon plus importante que les autres années.»

Les producteurs canadiens ont perdu 45,6 % de leurs colonies d’abeilles au cours du dernier hiver, selon une étude de l’ACPA. Les pertes les plus importantes sont survenues au Manitoba (57,2 %) et en Alberta (50,5 %).

Au Québec, le taux de mortalité atteint 49,1 %.

Le Nouveau-Brunswick (19,8) et la Nouvelle-Écosse (15,2) ont été les provinces les plus épargnées par ce fléau.

Le ministère fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire dit que la santé des abeilles est vitale à l’environnement et à l’économie en raison de leur rôle dans la pollinisation et la production de miel.

«Au Canada, la production de semence de canola est de loin la plus importante culture au Canada d’un point de vue économique, avec la contribution des abeilles mellifères, représentant 12 milliards $ en valeur à la ferme en 2021», mentionne le ministère.

Celui-ci dit être en train d’élaborer une stratégie avec le secteur apicole pour contrer la hausse de la mortalité chez les colonies d’abeilles.

M. Guzman raconte que la plupart des apiculteurs emploient des pesticides pour contrôler les parasites. Toutefois, ces produits ne peuvent pas être utilisés quand le miel est dans la ruche. Les producteurs pourraient envisager de récolter le miel plus tôt que d’habitude ou de choisir une façon différente pour traiter les parasites.

Le gouvernement finance la recherche sur de nouveaux traitements. Il a notamment investi plus de 550 000 $ sur une étude au sujet de l’efficacité et la sûreté de trois probiotiques qui pourraient éventuellement contribuer à améliorer la santé et le taux de survie des abeilles.

Selon M. Guzman, récupérer les pertes survenues l’hiver dernier sera coûteux. «Les temps sont difficiles pour le secteur sur le plan économique, dit-il. Il faut dépenser plus pour acheter des abeilles à un autre apiculteur ou en importer. Un plus grand nombre de colonies perdues signifie plus d’argent dépensé pour récupérer ses pertes.»

Le Canada a importé des abeilles de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. M. Guzman certifie que les apiculteurs feront tout ce qu’ils peuvent pour garder leurs colonies en santé au cours des prochains mois. Un autre hiver difficile «serait un nouveau coup pour le secteur».

«Le secteur travaille fort à trouver des solutions à ce problème.»

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