La proposition de la Suède d’interdire le homard d’Amérique dans l’UE contestée

PORTLAND, États-Unis – La proposition de la Suède pour que l’Union européenne (UE) bannisse les importations de homards en provenance de l’Amérique du Nord ne repose sur aucun constat scientifique, font valoir des scientifiques américains et canadiens.

L’administratrice adjointe aux pêcheries de l’Administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis (NOAA), Eileen Sobeck, a écrit à la Commission européenne lundi, portant à son attention les conclusions de plusieurs scientifiques nord-américains. Elle cherche ainsi à prévenir les coups avant qu’un comité de l’UE ne se penche sur la proposition de la Suède plus tard ce mois-ci.

Mme Sobeck a fait valoir dans sa lettre que les enjeux sont trop grands pour aller de l’avant avec la proposition sans un «examen scientifique solide validé par les pairs».

La Suède, après avoir retrouvé 32 homards d’Amérique dans ses eaux, réclame que ce crustacé soit banni des 28 États membres de l’UE. L’espèce invasive pourrait, selon ce pays scandinave, propager des maladies et surpasser en nombre les variétés européennes.

Si l’interdiction d’importations est adoptée, tant les pêcheurs américains que canadiens de homards seront touchés. Leurs exportations annuelles vers l’Europe sont évaluées à 200 millions $.

D’autres pays européens avaient précédemment exprimé leurs craintes que les homards d’Amérique envahissent leurs eaux, mais aucun d’entre eux n’avait demandé à ce qu’ils soient bannis.

Des analyses préliminaires de la NOAA et du ministère des Pêches et des Océans du Canada ainsi qu’un article scientifique d’un expert du Maine accompagnaient la lettre envoyée par Eileen Sobeck à la Commission européenne.

Robert S. Steneck, scientifique de l’Université du Maine, considère que le homard d’Amérique ne représente pas une réelle menace pour le homard européen, notamment parce que les températures hivernales des eaux qui longent les côtes des pays de l’UE «sont trop chaudes pour une reproduction réussie» de l’espèce importée.