La proposition d’interdire le mazout lourd en Arctique jugée trop souple

L’Organisation maritime internationale (OMI) a adopté un projet de règlement visant à interdire un carburant hautement polluant dans les eaux arctiques d’ici 2024.

Un groupe de protection de l’environnement soutient toutefois que la proposition de l’OMI comporte plusieurs failles et permettrait l’utilisation du mazout lourd pendant encore une autre décennie.

Andrew Dumbrille, du World Wildlife Fund, explique que l’interdiction telle que proposée permettrait aux pays de l’Arctique d’exempter leurs propres navires pendant cinq autres années.

Selon M. Dumbrille, le Canada et d’autres pays de l’Arctique ont cherché un compromis pour que la Russie accepte la proposition, qui sera soumise à une approbation finale en octobre.

Les études suggèrent que le mazout lourd est le carburant le plus couramment utilisé par les navires dans les eaux nordiques. Et ce, malgré le fait qu’il soit si épais qu’il est difficile à nettoyer. Il rejette également de la suie dans l’air, accélérant la fonte de la glace de mer.

Les navires russes seraient de loin les plus importants consommateurs de mazout lourd, suivis des navires canadiens.

Les transporteurs russes ont été responsables de 56 % de l’utilisation du mazout lourd brûlé dans l’Arctique en 2015, selon les chiffres de l’International Council on Clean Transportation. Le Canada suit avec 6 %.

L’interdiction est appuyée par des organisations inuites, malgré la crainte que le fait d’obliger les expéditeurs à utiliser du carburant plus propre et plus cher puisse augmenter les coûts pour les familles du Nord jusqu’à 649 $ par année. Ces groupes ont demandé une certaine forme d’indemnisation pour aider à réduire les dépenses — une demande sur laquelle le gouvernement fédéral a dit qu’il se pencherait.

L’OMI pourrait réaliser la ratification définitive de l’interdiction lors d’une réunion en octobre.

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