La récente hausse de crimes violents à Winnpeg peut être attribuée à la pauvreté

WINNIPEG — La hausse des crimes violents à Winnipeg ne sera pas seulement contrée par une plus grande présence policière dans les rues de la capitale manitobaine, conviennent divers intervenants.

Le nombre d’homicides s’y élève à 41 depuis le début de l’année. Récemment, 12 personnes ont perdu la vie de façon violente au cours d’une période de 30 jours. Ce total égale le sommet établi en 2011.

Parmi les dernières victimes, une fillette de 3 ans, Hunter Haze Straight-Smith, poignardée plusieurs fois pendant son sommet. Le compagnon de sa mère a été inculpé de meurtre au deuxième degré.

Le chef de la police de Winnipeg, Danny Smyth, mentionne qu’un tiers des homicides sont liés à la drogue ou à des gangs. Ils peuvent être attribuables à des dépendances et à un trafic de méthamphétamine.

Selon lui, il s’agit d’un problème que les services de police ne pouvaient pas résoudre seuls. Plusieurs agents ont dû être réaffectés afin de s’y attaquer.

Le maire Brian Bowman et le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, en ont parlé au premier ministre fédéral Justin Trudeau.

Ryan Beardy, le fondateur du groupe Healing Together (Guérir ensemble), soutient que cette criminalité est liée à la pauvreté, aux dépendances et aux traumatismes intergénérationnels des Premières nations causés par la colonisation et les pensionnats autochtones.

Les jeunes hommes et femmes impliqués dans des gangs recherchent un soutien qu’ils ne trouvent pas dans la collectivité, ajoute-t-il.

Les membres de son groupe veulent des rues plus sûres pour leurs propres enfants et savent que la police à elle seule ne peut être la réponse.

«Nous devrions parler de toutes les causes profondes», dit M. Beardy.

Frank Cormier, professeur de criminologie à l’Université du Manitoba, rappelle que si la violence survenue au cours des derniers mois est choquante, la criminalité est à la baisse depuis les 20 dernières années. Les variations du taux de criminalité sont un phénomène normal, ajoute-t-il, il ne faudrait pas prendre des décisions trop hâtives quant aux dépenses à consacrer à la lutte contre la violence.

«Y consacrer du temps et des ressources n’est peut-être pas la meilleure approche. Cela peut aider les gens à se sentir rassurés, mais nous courons le risque d’aggraver la situation», craint-il.

Les vraies solutions, dit-il, sont coûteuses, prennent beaucoup de temps et doivent s’attaquer à des problèmes sociaux plus vastes.

«Il y a trop de gens dans notre société dont les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits», souligne M. Cormier.

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