La recherche des archives sur les pensionnats doit se poursuivre

VANCOUVER — L’interlocutrice spéciale indépendante qui avait été nommée pour accompagner les Premières Nations dans leurs recherches de sépultures anonymes sur les sites des anciens pensionnats pour Autochtones estime qu’il reste beaucoup de travail à faire avant de pouvoir trouver des réponses à des «questions difficiles», comme qui sont les enfants disparus, comment sont-ils morts et où ont-ils été enterrés.

Sans les archives du génocide des enfants autochtones, Kimberly Murray prévient que certaines personnes vont «continuer de nier» ce qui s’est passé dans les pensionnats, ce qui pourrait mener à ce que cet enjeu important tombe dans l’oubli pour les prochaines générations.

Lors d’un rassemblement tenu sur un site où des tombes non marquées ont été retrouvées, à Vancouver, Mme Murray a soutenu que les survivants des pensionnats «ont le droit de savoir» ce qui s’est passé. Selon elle, ce droit ne concerne pas uniquement les survivants, mais bien toute la communauté.

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà affirmé que son gouvernement s’engageait à rendre publiques toutes les informations qu’il pourrait trouver dans les archives fédérales concernant les pensionnats.

Mais malgré cette promesse, Mme Murray rappelle que «le combat n’est pas terminé» dans la quête pour retrouver la documentation qui pourrait aider les personnes à en savoir plus sur des membres de leur famille qui ont disparu.

De nombreuses recherches sur les sites d’anciens pensionnats ont été menées au Canada depuis que la nation Tk’emlups te Secwepemc a annoncé, en mai 2021, avoir retrouvé ce qu’elle croit être 200 tombes non marquées sur le site d’un ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Un mois plus tard, la Première Nation Cowessess, en Saskatchewan, avait indiqué que jusqu’à 751 tombes anonymes avaient été découvertes près de l’ancien pensionnat de Marieval. Des découvertes similaires ont été faites dans d’autres établissements de plusieurs provinces depuis ce temps.

Manque de documentation

Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les documents que possèdent le gouvernement fédéral et les églises qui exploitaient les pensionnats, Mme Murray rappelle que la Commission de vérité et réconciliation avait souligné que le manque d’archives sur les pensionnats demeurait un problème important.

Elle dénonce que de nombreux documents n’existent tout simplement plus, dont «200 000 dossiers des Affaires indiennes» qui ont été détruits entre 1936 et 1994.

Une politique fédérale datant de 1935 dictait que les présences dans les écoles pouvaient être détruites après cinq ans, tandis que les rapports d’accidents pouvaient être jetés après 10 ans.

De plus, il est également devenu clair que «beaucoup, beaucoup, beaucoup de décès n’ont pas été signalés» à l’ancien ministère des Affaires indiennes, selon Mme Murray.

La Commission de vérité et réconciliation a trouvé des rapports de décès d’enfants dans les registres paroissiaux qui n’étaient pas enregistrés dans les documents gouvernementaux, dit-elle.

Dans de nombreux cas, les autorités scolaires semblent ne pas avoir respecté leur responsabilité en vertu des lois provinciales de signaler les décès aux responsables des statistiques de l’état civil.

Bien que les archives soient cruciales, Mme Murray ajoute qu’il n’y a «rien de plus puissant que les témoignages des survivants».

Un rapport de 4000 pages publié par la Commission nationale vérité et réconciliation en 2015 a détaillé les mauvais traitements sévères dans les pensionnats, y compris les abus émotionnels, physiques et sexuels sur les enfants, et au moins 4100 décès dans les institutions.

Mme Murray reconnaît cependant que le nombre exact d’enfants décédés ne sera probablement jamais connu.

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