La réduction de l’antibiothérapie chez le bébé amenuiserait les risques d’asthme

VANCOUVER — Les taux d’asthme chez les enfants ont chuté lorsqu’on a prescrit moins d’antibiotiques inutiles aux bébés au cours de leur première année, concluent des chercheurs de la Colombie-Britannique.

L’étude indique que les nourrissons à qui on a administré des antibiotiques courent près de deux fois plus de risques d’être asthmatiques à l’âge de cinq ans. Des recherches antérieures montraient déjà que ces médicaments affectent les bonnes bactéries dans l’intestin — le microbiote.

Des chercheurs de l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, du Centre pour le contrôle des maladies de cette province et de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ont constaté que pour chaque augmentation de 10 % des prescriptions d’antibiotiques, on observait plus tard une augmentation de 24 % des taux d’asthme chez les enfants.

L’étude sur la maladie infantile chronique la plus courante a été publiée récemment dans la revue scientifique «The Lancet Respiratory Medicine». L’auteur principal de l’étude, le docteur David Patrick, directeur de la recherche et responsable médical du programme de résistance aux antimicrobiens au Centre de contrôle des maladies, estime que les antibiotiques ne devraient être prescrits que pour les infections graves.

«La plupart de ces antibiotiques ont été prescrits pour des affections comme les virus, le rhume — où ils n’offrent aucun bénéfice», explique le docteur Patrick, qui est également professeur à l’École de la santé publique et des populations à UBC.

Les chercheurs ont analysé les données d’environ 225 000 enfants jusqu’à l’âge de quatre ans en Colombie-Britannique, entre 2000 et 2015. «C’est la première fois que nous démontrons qu’une réduction du recours aux antibiotiques chez les bébés semble entraîner une baisse du taux d’asthme», a déclaré M. Patrick.

L’étude comprenait également les données de 2644 enfants de Vancouver, Edmonton, Winnipeg et Toronto qui participent à la Cohorte canadienne de développement longitudinal du nourrisson en bonne santé, créée en 2008 pour étudier le développement de diverses affections dès la naissance, y compris l’asthme, les allergies et l’obésité.

Des recherches supplémentaires pourraient déterminer si les enfants auxquels on avait prescrit des antibiotiques lorsqu’ils étaient bébés et qui ont développé de l’asthme pourraient potentiellement se reconstituer un microbiote sain, a précisé le docteur Patrick.

Le docteur Stuart Turvey, auteur principal de l’étude et immunologiste pédiatrique à l’Hôpital pour enfants de la C.-B., ajoute qu’en 2000, environ 70 % des bébés avaient reçu au moins un traitement d’antibiotiques avant leur premier anniversaire; ce taux avait toutefois chuté de moitié en 2014. «Le recours moins systématique à l’antibiothérapie a permis de réduire la résistance des bactéries aux antibiotiques, mais nous trouvons maintenant d’autres avantages inattendus», rappelle le docteur Turvey.

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