La réhabilitation de Mickey Cohen: mettre en pièce l’héritage de Trump

NEW YORK — La réhabilitation de Michael Cohen a atteint une nouvelle étape surréaliste lorsqu’il a interviewé vendredi le comédien Ben Stiller sur sa façon de l’imiter dans l’émission satirique «Saturday Night Live».

Depuis le mois de septembre, l’ancien avocat du président défait Donald Trump enregistre un balado depuis son appartement new-yorkais où il purge le reste de sa peine d’emprisonnement pour avoir menti au Congrès, fraudé l’impôt et facilité des infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales.

L’émission «Mea Culpa» a été téléchargée près de trois millions de fois et est disponible dans 37 pays, dit-il. Il s’est déjà entretenu avec Rosie O’Donnell, le magicien Penn Jillette, des journalistes politiques et d’anciens responsables politiques comme James Carville et Anthony Scaramucci.

Le principal sujet du balado depuis ses débuts est Donald Trump, dont Cohen est devenu l’un des détracteurs les plus acharnés.

Mickey Cohen, qui s’est déjà dit prêt à prendre une balle pour son ancien client, estime que réfuter le discours de Trump fait partie de sa réhabilitation. Il souhaite ramener la population américaine dans un meilleur état d’esprit.

Il compte poursuivre son balado pendant le mandat de Joe Biden.

«Nous ne pouvons pas nous mentir en pensant que Donald Trump va tout simplement disparaître, dit-il. En conséquence, il continuera de rester un sujet de discussion.»

Le lancement du balado a suivi la publication des mémoires de Cohen où il raconte comment il est devenu un ennemi déclaré de Donald Trump après avoir un de ses acolytes.

Au cours de l’entretien avec Ben Stiller, Mickey Cohen a comparé le regard renfrogné de M.Trump au visage de Derek Zoolander, le personnage boudeur interprété par le comédien. De son côté, celui-ci dit avoir reconnu chez l’ancien avocat la «dichotomie» de la peur et de l’instinct de tueur.

«J’avais l’impression qu’il y avait une humanité avec laquelle j’essayais de me connecter», a expliqué Ben Stiller. Il a ajouté qu’il ne voulait pas que son imitation «soit cinglante et méchante.»

Mickey Cohen, en revanche, semble viser la jugulaire, tout en satisfaisant sa propre dépendance aux feux de la rampe.

Une relation toxique

Dans son balado, il râle sans relâche contre «l’idiot en chef». Dans un épisode récent de «Mea Culpa», il s’est plaint que le processus de grâce présidentielle se soit «transformé en un cirque corrompu avec Trump comme maître de piste».

Mickey Cohen demeure incapable d’expliquer son allégeance indéfectible au politicien qui l’a abandonné lorsqu’il était vulnérable, il a comparé sa fidélité à Donald Trump à une maladie mentale, comparant sa relation avec lui à celle d’un toxicomane.

L’ancien avocat est convaincu d’avoir réussi à changer d’avis un certain nombre de partisans du président sortant. «Ma victoire la plus importante», souligne-t-il.

«J’ai appris qu’il existe des dizaines de milliers de personnes épuisées et anxieuses qui ont besoin d’un canal pour verbaliser leur frustration devant notre climat politique actuel, ajoute Mickey Cohen. Si je peux les aider à faire face à leur crainte à se sentir mieux malgré l’obscurité qui nous enveloppe tous, j’ai l’impression avoir accompli quelque chose d’extraordinaire.»

Âgé de 54 ans, il devait rester en prison jusqu’en novembre 2021, mais a été libéré en mai pour purger le reste de sa peine à domicile dans le cadre d’une tentative de ralentir la propagation du coronavirus dans les prisons fédérales.

La Maison-Blanche compare les propos de Mickey Cohen aux histoires basées sur des personnages de fiction. «Il est malheureux que les médias exploitent cet homme triste et désespéré pour attaquer le président Trump.»

L’ancien avocat ne croit pas que Donald Trump écoute son balado. «Sa durée d’attention est limitée à moins de trois minutes et mes épisodes durent plus d’une heure, dit-il ironiquement. Mais on peut se rassurer. Il demande à d’autres personnes d’écouter Mea Culpa et de lui en faire un compte-rendu.»

– Par Jim Mustian, The Associated Press

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