La relance de l’économie au coeur de la campagne au Nouveau-Brunswick

FREDERICTON — Une semaine après le début de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick, la grande question est de savoir comment le prochain gouvernement gérera l’économie de la province pendant et après la crise de la COVID-19.

Au cours des précédentes campagnes électorales au Nouveau-Brunswick, les partis se sont affrontés sur des questions qui ont suscité beaucoup de débats publics, comme la fracturation hydraulique ou la montée en flèche des taux d’assurance automobile. Mais cette fois-ci, la campagne porte sur la façon de reconstruire l’économie ébranlée par la pandémie, selon J.P. Lewis, professeur de science politique à l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Avec les deux partis les plus (susceptibles de remporter l’élection), il pourrait y avoir deux façons très distinctes de définir comment ils vont gouverner pendant les prochaines années à la lumière d’une récession et à la lumière de la baisse des revenus du gouvernement», a souligné M. Lewis en entrevue lundi.

Il a relevé que le chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, promettait la stabilité et le contrôle des dépenses du gouvernement, tandis que le chef libéral Kevin Vickers estime qu’il faut engager davantage de dépenses pour stimuler l’économie.

M. Lewis juge que la première semaine de campagne a été «somnolente» et il dit avoir hâte de voir les premiers sondages sur les intentions de vote.

En campagne lundi à Riverview, près de Moncton, M. Vickers a déclaré qu’un gouvernement libéral utiliserait plus d’argent du fédéral pour financer des projets d’infrastructure.

Il a estimé que les compressions dans les infrastructures imposées par le gouvernement conservateur de Blaine Higgs risquaient d’entraîner une contraction de l’économie de la province.

M. Vickers a déjà affirmé qu’Ottawa avait mis de côté 673 millions $ sur 10 ans en 2018 pour des projets au Nouveau-Brunswick, mais que 78 % de ces fonds n’avaient pas encore été octroyés.

«Mon gouvernement ne laissera pas des centaines de millions de dollars sur la table alors que les gens d’affaires du Nouveau-Brunswick et nos citoyens en ont besoin», a lancé M. Vickers. «Nous devons investir pour relancer notre économie.»

Le chef libéral n’a pas dit combien il prévoyait dépenser, mais a jugé que ce serait «suffisant pour que notre économie croisse et que les gens du Nouveau-Brunswick aient de l’espoir et des possibilités».

Flexibilité sur la façon de dépenser

Le chef conservateur a répondu lundi en disant qu’il voulait bien recevoir du financement fédéral, mais qu’il avait besoin de flexibilité sur la façon de dépenser l’argent.

«Je ne veux tout simplement pas que les fonds fédéraux me prescrivent que je dois dépenser l’argent des contribuables pour quelque chose dont nous n’avons pas besoin», a-t-il affirmé.

M. Higgs a dit être bien conscient du fait que le Nouveau-Brunswick a besoin de meilleurs services et de meilleures routes, mais la province a également besoin d’une voie d’avenir claire et financièrement viable, a-t-il nuancé.

Lors d’un arrêt de campagne à l’extérieur d’un hôpital de Saint-Jean, M. Higgs a promis de réduire les temps d’attente pour les arthroplasties de la hanche et du genou à l’échelle de la province. L’objectif est de réduire les temps d’attente pour ces opérations de 50 % d’ici mars 2021, a-t-il dit.

«Nous ne disons pas seulement que nous allons y mettre de l’argent», a déclaré M. Higgs devant les journalistes. «Nous allons l’organiser différemment et nous allons travailler avec des gens qui savent comment y arriver pour y arriver.»

M. Higgs a souligné que le système de santé devait augmenter sa capacité de prise en charge des patients, améliorer sa planification et tirer parti de la technologie.

«D’ici le 31 mars 2022, nous veillerons à ce que 85 % des opérations de remplacement de la hanche et 75 % des opérations de remplacement du genou soient effectuées dans le cadre de la norme nationale de 182 jours», a-t-il promis.

Les soins aux personnes âgées

Le chef du Parti vert a quant à lui annoncé qu’un gouvernement vert allait repenser les soins aux personnes âgées dans la province.

De passage dans une résidence pour personnes âgées à Fredericton, David Coon a expliqué qu’il permettrait aux résidents des foyers de soins agréés et des foyers de soins spéciaux de nommer un aidant naturel pour leur équipe soignante.

Il a également demandé au directeur général des élections de réserver les deux premières heures des jours de scrutin aux personnes âgées et aux autres personnes vulnérables afin qu’elles puissent voter dans un environnement plus sûr.

«Cela aidera à réduire le stress et l’anxiété auxquels elles pourraient être confrontées lorsqu’elles devront décider si elles iront voter en personne lors d’une élection provinciale pendant une pandémie», a estimé M. Coon.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a quant à lui déclaré lundi que son parti militait pour une plus grande utilisation des soins de santé à distance.

Dans un communiqué, il a souligné que les Néo-Brunswickois en étaient venus à compter sur les consultations médicales virtuelles par l’entremise de services de vidéoconférence.

«Les soins virtuels sont des soins de santé réinventés», a-t-il affirmé. «Les soins virtuels peuvent libérer les urgences des soins de santé mentale et de toxicomanie et les rendre disponibles à la maison, à l’école et au travail.»

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