La reprise du tourisme religieux est lente depuis le déconfinement

LONGUEUIL, Qc — La reprise du tourisme religieux est lente depuis le déconfinement, mais les résultats d’un sondage confortent les acteurs du milieu qui misent sur la tenue de journées promotionnelles pour attirer à nouveau des visiteurs particulièrement dans les petits et moyens lieux de culte du Québec.

Aux Sanctuaires du Fleuve, un circuit de cinq lieux patrimoniaux touristiques situés sur la Rive-Sud de Montréal, la fréquentation est seulement d’environ 15 à 20 % de ce qu’elle était avant la pandémie, une situation attribuable notamment au fait que seuls deux d’entre eux ont rouvert leurs portes.

Le président du regroupement, Michel Couturier, a expliqué qu’au Centre Marie-Rose, situé à Longueuil, «la moyenne d’âge des soeurs étant ce qu’elle est», les visites ne se font pas cette année, et qu’au Sanctuaire Sainte-Kateri-Tekakwitha, dans la réserve autochtone de Kahnawake, les autorités locales ont interdit les visites après avoir déterminé que la population est davantage à risque face à la COVID-19.

La baisse des touristes étrangers, le début de saison tardif dû au confinement et les limitations quant au nombre de personnes pouvant être accueillies simultanément pour des raisons sanitaires ont fait mal aux églises et autres lieux de cultes qui misent sur ce tourisme de la foi.

«Les marchés extérieurs qui étaient en bonne partie pourvoyeurs de visiteurs dans les différents sanctuaires religieux, évidemment leur clientèle a pratiquement été réduite à zéro», a résumé Michel Couturier, qui est également président du conseil d’administration de l’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec.

Les lieux de culte ont été autorisés à rouvrir à partir de juillet, les directives gouvernementales permettant dans un premier temps d’accueillir 50 personnes ont par la suite été assouplies à 250 personnes.

Plus du tiers des visiteurs des Sanctuaires du Fleuve provenaient de l’extérieur du Québec ce qui représente un volume et des recettes touristiques significatives.

Signes encourageants

Les églises et autres lieux de cultes sont toutefois encouragés par des données d’un sondage mené cet été par Événements Attractions Québec qui révèle que le nombre de visiteurs est appelé à augmenter.

«Plus nous avancerons avec les saisons et plus les Québécois actifs seront nombreux à visiter un site religieux ou spirituel», analyse l’organisme qui représente d’importants pans de l’industrie touristique.

Dans l’espoir de stimuler la fréquentation, plus d’une centaine de lieux de cultes de partout au Québec ouvriront leurs portes durant la fin de semaine du 12 et du 13 septembre à l’occasion des Journées du patrimoine religieux.

L’événement vise à promouvoir ces lieux de culte et «permettre aux Québécois de se réapproprier leur histoire», a soutenu M. Couturier.

Les organisateurs souhaitent aussi rappeler qu’il n’y a pas que l’oratoire Saint-Joseph et la Basilique Notre-Dame qui peuvent être visités, mais également de nombreux sites de moyenne et petite importance. D’ailleurs, la Montérégie sera la région la plus présente dans l’événement avec 31 des sites participants.

Diversifier l’offre

L’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec, qui a été créée il y a un an et demi, a dans ses cartons de développer entre autres un circuit «Vallée-du-Richelieu» qui inclurait l’Église de Saint-Denis afin de parler des patriotes.

L’objectif est d’augmenter et de diversifier l’offre, notamment en développant des circuits touristiques religieux ailleurs au Québec.

Une «intégration régionale» est aussi souhaitée dans Lanaudière où un circuit englobant l’Abbaye Val Notre-Dame située à Saint-Jean-de-Matha — qui vend déjà des produits du terroir dans des boutiques et qui propose de l’hébergement pour du ressourcement spirituel — et la Cathédrale de Joliette.

Ils pourront aussi compter sur un autre coup de pouce: le gouvernement du Québec a annoncé jeudi qu’il allonge 5 millions $ supplémentaires dans un programme administré par le Conseil du patrimoine religieux du Québec visant à «donner une seconde vie à d’anciens lieux de culte et de redonner leur accès aux citoyens».

Près de 560 000 $ iront à transformer en centre multifonctionnel l’église de Saint-Mathieu, en Montérégie, où se trouvait la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pour l’occasion. L’endroit est considéré comme un immeuble patrimonial depuis 2013 en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

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