La reprise économique au Canada passe par une reprise dans le monde, selon Trudeau

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau appelle à une réponse mondiale coordonnée pour assurer une reprise économique en douceur après la pandémie de COVID-19.

Lors d’une réunion virtuelle organisée lundi par les Nations unies, M. Trudeau a déclaré que le Canada ne pouvait pas vaincre le nouveau coronavirus et reconstruire son économie sans que tous les pays aient les ressources nécessaires pour se rétablir eux aussi.

«Le Canada veut trouver de vraies solutions qui vont aider tout le monde, y compris les plus vulnérables de ce monde, à se remettre de la crise, a indiqué M. Trudeau dans ses remarques d’introduction. Ensemble, dans des réunions comme celles-ci, on peut continuer de bâtir un avenir plus prospère pour tous.

«Cela passe par des mesures concrètes pour amener les pays du monde entier à reconnaître qu’il n’est pas seulement dans l’intérêt mondial mais dans leur propre intérêt d’assurer une reprise mondiale plus équitable», a indiqué plus tard M. Trudeau.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que le manque d’initiatives pour soutenir les pays vulnérables à revenu intermédiaire touchés par la crise «risque de nous enfoncer dans la pire récession depuis la Grande Dépression» des années 1930.

Les impacts seront les plus importants sur les personnes les plus pauvres des pays les plus vulnérables, mais il affectera également les habitants des pays à revenu élevé, a-t-il soutenu. «Nous sommes déjà dans la pire récession mondiale en 90 ans.»

M. Guterres a déclaré que les pays en développement avaient un besoin urgent d’accéder à des liquidités supplémentaires afin de pouvoir répondre à la pandémie et d’investir dans une reprise durable et inclusive. 

«À moins de prendre des mesures décisives à l’égard de l’endettement et des liquidités, nous risquons une autre ‘décennie perdue’ pour de nombreux pays en développement, ce qui mettrait définitivement les Objectifs de développement durable hors de notre portée», a-t-il, souligné. 

L’Afrique particulièrement menacée 

Interrogé sur les risques que la COVID-19 fait peser particulièrement sur l’économie africaine, M. Guterres a lancé: «Mais c’est évident!». 

«L’Afrique est le continent qui, en tant que continent, est le plus vulnérable. C’est en Afrique qu’on voit la combinaison terrible de l’impact du COVID avec des questions sérieuses de développement, avec des problèmes de sécurité, les conflits qui continuent avec l’impact des changements climatiques. Alors la vulnérabilité de l’Afrique devrait mobiliser toute la communauté internationale pour un appui massif envers le continent africain pour qu’il puisse se redresser face au COVID.»

Cette réunion virtuelle fait suite à une série de sessions tenues l’année dernière afin de mobiliser les efforts pour la reprise économique après la pandémie. 

M. Guterres affirme que le monde est au bord d’une crise de l’endettement — six pays sont déjà en situation de défaillance et un tiers des économies de marché émergentes sont exposées à un risque élevé de crise budgétaire, a-t-il dit.

M. Trudeau a déclaré que le Canada, avec la Jamaïque et le secrétaire général Guterres, avait mené les discussions pour assurer une reprise économique plus équitable et plus juste. Il a dit que les pays avaient besoin d’un accès à des liquidités afin de pouvoir aider leurs citoyens et les petites entreprises à traverser la crise.

«Cela fait partie de notre propre intérêt national de voir des pays du monde entier réussir à travers (la pandémie), afin que nous puissions tous revenir à l’économie mondiale du mieux que nous pouvons», a déclaré M. Trudeau.

Il a ajouté que certains pays à revenu intermédiaire sont extrêmement vulnérables, soit aux retombées de cette pandémie en raison de leur dépendance au tourisme, par exemple, soit généralement en raison de la crise climatique. «Nous devons nous assurer que les institutions financières internationales sont prêtes à les soutenir.»

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Cet article a été produit avec l’aide financière des bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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