La Rive-Sud vit une grave crise du logement et des organismes appellent à l’action

CHÂTEAUGUAY, Qc — Il n’y a pas que sur l’île de Montréal que des familles ou des personnes au revenu modeste s’avèrent incapables de trouver un logement à prix abordable. Tout juste de l’autre côté du fleuve, la Rive-Sud vit sa propre crise du logement et des organismes communautaires appellent les gouvernements à agir.  

Dans une conférence de presse conjointe, mardi matin, des organismes de la MRC de Roussillon ont dressé le portrait de la situation dans des municipalités comme Châteauguay, Saint-Constant et Candiac, où de nombreux ménages peinent à se loger convenablement. À titre d’exemple, pas moins de 80 ménages ont fait appel à la ligne d’urgence créée sans trop de visibilité l’été dernier par l’Office municipal d’habitation (OMH) de Châteauguay. Tous ces gens craignaient de se retrouver à la rue.

Le directeur général de l’OMH, Bertrand Loiselle, précise qu’une majorité de femmes et plusieurs nouveaux arrivants se retrouvaient parmi ces personnes à risque cherchant de l’aide. «C’était aussi surprenant d’avoir des femmes, qui travaillent, avec des salaires de 40-45 000 $ par année, souvent mères de famille, qui n’étaient pas capables de trouver de logement», déplore-t-il.

À travers le Québec, les groupes dédiés aux enjeux de logement réclament la construction sans délai des quelque 12 000 unités de logements sociaux déjà promis par le gouvernement, mais pas encore livrés. À cela, ils demandent l’ajout de 5000 nouvelles unités par année pour soutenir la croissance de la demande. Dans le cas de Roussillon, on estime les besoins immédiats à un minimum de 500 unités puisque la seule liste d’attente de l’OMH compte déjà 200 ménages inscrits.

En attendant la mise en chantier massive d’unités de logements sociaux, le Groupe de ressources techniques Rive-Sud, la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie, la Corporation de développement communautaire de Roussillon (CDC), l’OMH Châteauguay et le Comité logement Rive-Sud proposent des solutions concrètes à implanter rapidement.

On suggère la mise sur pied d’un comité de mesures d’urgence avec des moyens financiers et opérationnels suffisants; l’adhésion des villes au Programme de supplément au loyer d’urgence; un soutien financier à l’Auberge du cœur L’Élan des Jeunes; un soutien financier au Refuge Grands-Froids; la réalisation d’un projet de 26 unités réservées aux personnes itinérantes; le soutien de nouveaux projets d’hébergement pour les femmes victimes de violence.

«La capacité et la possibilité d’avoir un toit digne de ce nom, c’est une condition essentielle à une qualité de vie minimale», a déclaré la coordonnatrice de la CDC, Virginie Bernier, en appelant les trois paliers de gouvernement à agir.

Les intervenants du milieu communautaire n’hésitent pas à tracer un lien entre la rareté des logements accessibles et la hausse de la violence conjugale ainsi que des féminicides. Pour eux, il est clair qu’une femme isolée, incapable de se reloger avec un seul revenu, doit affronter un obstacle de plus avant de s’affranchir d’un conjoint violent.

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