La Roumanie fait «tout ce qu’elle peut» pour prendre le relais du Canada au Mali

OTTAWA — L’ambassadeur de la Roumanie à Ottawa soutient que son pays fait tout ce qu’il peut pour prendre le plus tôt possible le relais du Canada afin d’assurer les évacuations médicales des Casques bleus au Mali.

Bogdan Manoiu explique toutefois que les hélicoptères que le gouvernement roumain prévoit d’ajouter pour cette mission font actuellement l’objet d’importantes mises à niveau et que les équipages qui les piloteront devront être formés. Or, aucune de ces étapes ne pourra être précipitée, a précisé M. Manoiu, en entrevue avec La Presse canadienne. Par la suite, l’Organisation des Nations unies (ONU) devra aussi certifier les nouvelles capacités de vol de ces hélicoptères.

Le gouvernement de Justin Trudeau a refusé de prolonger au-delà de la fin juillet la mission au Mali des huit hélicoptères et 250 militaires canadiens. La Roumanie avait accepté l’an dernier de prendre le relais en envoyant ses propres hélicoptères et Casques bleus dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Mais les Roumains estiment qu’ils ne seront pas prêts à prendre la relève avant la mi-octobre, ce qui risque de créer un vide de plusieurs mois pour les missions d’évacuations médicales.

Les libéraux ont maintes fois rejeté les demandes de l’ONU pour prolonger leur présence au Mali. Certaines voix, notamment le comité de la défense des Communes, ont demandé que la Roumanie prenne le relais plus rapidement. Le comité a même recommandé au Canada d’offrir des avions de transport pour aider la Roumanie à amener ses militaires et ses hélicoptères sur place.

Tout en saluant l’aide offerte par le Canada ou tout autre pays pour accélérer l’arrivée des Casques bleus roumains au Mali, M. Manoiu soutient qu’il est trop tôt pour affirmer que des avions de transport pourraient accélérer les choses.

L’ambassadeur a reconnu que ce «vide» était préoccupant, tout en respectant la décision du Canada de partir à la fin du mois de juillet — il ne demande pas à Ottawa de rester plus longtemps au Mali. «Nous avons dit que nous les remplacerions: très bien. Maintenant, il s’agit de se concerter pour réduire au minimum le vide.»

Des représentants de l’ONU ont déclaré aux membres du comité de la défense des Communes, lors d’une récente visite au Mali, que sans ce soutien logistique des Canadiens ou des Roumains, les Casques bleus seraient obligés de «réduire leurs opérations».

Le gouvernement Trudeau n’a guère expliqué sa décision de ne pas prolonger la mission. Le rapport du comité des Communes laissait entendre que les responsables militaires s’inquiétaient de l’état mécanique des hélicoptères et souhaitaient qu’ils soient prêts à faire face à d’éventuelles crises au Canada. Certains ont plutôt lié cette décision aux élections fédérales d’octobre.

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