La Russie accuse Ottawa de démoraliser ses soldats sur les réseaux sociaux

OTTAWA — L’ambassadeur de Russie au Canada accuse Ottawa de mener une campagne sur les réseaux sociaux dont le but est de démoraliser ses soldats qui combattent en Ukraine.

En entrevue avec le média d’État russe, Oleg Stepanov a dénoncé le fait que le ministère canadien des Affaires étrangères publie fréquemment des messages négatifs en lien avec la guerre en Ukraine. Il a particulièrement fustigé une récente série de publications à propos d’hommes russes qui fuient le service militaire.

«Quand il n’y a pas de véritable diplomatie du côté canadien, pas de capacité ou d’appétit pour traiter des questions sérieuses pour la Russie, ils allument ce mégaphone Twitter», a déclaré en russe Stepanov à l’agence de presse de l’État RIA Novosti, la semaine dernière. 

Il a ajouté que le Canada semble diriger un effort des pays occidentaux pour isoler la Russie.

Par ailleurs, les gouvernements de Géorgie et du Kazakhstan, qui sont voisins de la Russie, ont signalé une hausse de nouveaux arrivants dans leur pays.

L’ambassadeur a soutenu que les Russes n’ont d’autre choix que de protéger leur pays, affirmant que «l’histoire séparera le bon grain de l’ivraie».

Les relations entre Ottawa et Moscou sont tendues depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en février dernier.

Moscou a commencé à mobiliser des hommes sans expérience militaire en septembre et rejette les déclarations des gouvernements de Géorgie et du Kazakhstan concernant une augmentation subséquente du nombre de personnes venant de la Russie voisine.

La semaine dernière, Affaires mondiales Canada a publié un message sur Twitter affirmant que la mobilisation avait ciblé des minorités ethniques, provoqué des manifestations et conduit des milliers de citoyens russes vers la fuite.

Dans une réplique, M. Stepanov a qualifié les citoyens qui ont fui la Russie de «lâches». Il a déclaré que les vrais Russes défendraient le pays, «quelles que soient leurs opinions politiques». Il a soutenu qu’il n’y avait «pas de solution de rechange morale» à la défense de l’armée nationale.

Il a écrit dans des remarques à l’agence de presse TASS, que c’est «exactement» dans ces exemples de l’histoire que l’on sépare le bon grain du mauvais.

Plus tôt ce mois-ci, Moscou a convoqué l’ambassadeur canadien en Russie, afin de répondre au fait que le Canada a convoqué M. Stepanov cinq fois cette année.

La convocation d’un ambassadeur est normalement un événement rare où les pays s’engagent à s’opposer formellement soit à la politique du pays étranger, soit à la conduite de leur mission diplomatique.

Ottawa a convoqué M. Stepanov pour la première fois peu de temps après l’invasion de février, puis, après le massacre d’avril dans la ville de Bucha, suivi des bombardements d’octobre dans le centre de Kyiv. La quatrième convocation est intervenue après que l’ambassade a tweeté des messages anti-LGBTQ en novembre, et encore ce mois-ci pour avoir soutenu que la famine des années 1930 en Ukraine, connue sous le nom d’Holodomor, n’était pas le résultat de la politique soviétique.

La Russie a rendu la pareille ce mois-ci, convoquant l’ambassadrice du Canada, Alison LeClaire, pour ce que le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié de «nombreux cas injustifiés» de convocation de M. Stepanov par Ottawa.

Les cinq convocations «vont bien au-delà de la pratique diplomatique normale», a fait valoir le ministère dans un communiqué de presse du 9 décembre.

Moscou avait précédemment convoqué Mme LeClaire en septembre, à la suite d’allégations relatives au fait qu’Affaires mondiales Canada n’avait pas pris au sérieux des incidents impliquant l’ambassade d’Ottawa, comme la vidéo de sécurité d’un cocktail Molotov jeté sur le terrain de la mission.

Les deux pays affirment vouloir maintenir certaines relations diplomatiques, mais Ottawa a décidé de ne plus travailler avec Moscou sur de nombreux dossiers.

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