La Russie ne peut pas et ne doit pas gagner, dit Emmanuel Macron

KREMENTCHOUK, Ukraine — Le président français Emmanuel Macron a déclaré mardi que la Russie «ne peut pas et ne doit pas gagner» la guerre en Ukraine, au lendemain d’une frappe de missile russe qui a tué 18 personnes dans un centre commercial.

S’exprimant à la fin du sommet du Groupe des Sept en Allemagne, M. Macron a dit que les sept démocraties industrialisées soutiendraient l’Ukraine et maintiendraient les sanctions contre la Russie «aussi longtemps que nécessaire et avec l’intensité nécessaire».

Il a ajouté : «La Russie ne peut pas et ne doit pas gagner.»

Ses commentaires sont intervenus alors que les secouristes fouillaient les décombres calcinés du centre commercial, à la recherche d’autres victimes de ce que le président ukrainien a qualifié de «l’un des attentats terroristes les plus audacieux de l’histoire européenne».

Volodymyr Zelenskyy a dit que plus de 1000 personnes se trouvaient à l’intérieur du centre commercial de la ville de Krementchouk. Des panaches géants de fumée noire, de poussière et de flammes orange s’échappaient des décombres alors que les équipes d’urgence cherchaient des victimes. Des drones tourbillonnaient au-dessus, des nuages de fumée noire émanant toujours des ruines plusieurs heures après l’extinction de l’incendie.

Le gouverneur régional, Dmytro Lunin, a annoncé qu’au moins 18 personnes ont été tuées et que 59 autres ont demandé une assistance médicale, dont 25 qui ont été hospitalisées. La région a décrété mardi une journée de deuil pour les victimes de l’attentat.

«Nous travaillons au démantèlement de la construction afin qu’il soit possible d’y faire entrer des machines car les éléments métalliques sont très lourds et gros, et il est impossible de les démonter à la main», a expliqué Volodymyr Hychkan, un responsable des services d’urgence.

La procureure générale d’Ukraine, Iryna Venediktova, qui mène des enquêtes sur d’éventuels crimes de guerre, a prévenu que l’attaque au missile était l’un des «crimes contre l’humanité» de la Russie, notant que l’armée russe «pilonnait systématiquement les infrastructures civiles dans le but d’effrayer les gens, de tuer des gens, pour semer la terreur dans nos villes et nos villages».

Mme Venediktova a souligné la nécessité pour les Ukrainiens de tout le pays de rester vigilants, ajoutant qu’ils devraient s’attendre à une frappe similaire «à chaque minute».

Wayne Jordash, un avocat britannique qui travaille avec le bureau de Mme Venediktova pour enquêter sur d’éventuels crimes de guerre, a rejeté les allégations selon lesquelles une usine située près du centre commercial était une cible militaire.

«Les premières indications sont que l’usine qui a été touchée est une usine de construction de routes, pas une cible militaire», a déclaré M. Jordash.

À la demande de l’Ukraine, le Conseil de sécurité de l’ONU a prévu mardi une réunion d’urgence à New York pour discuter de l’attaque.

Dans le premier commentaire du gouvernement russe sur la frappe de missiles, le premier représentant permanent adjoint du pays auprès des Nations Unies, Dmitry Polyansky, a allégué de multiples incohérences qu’il n’a pas précisées, affirmant sur Twitter que l’incident était une provocation de l’Ukraine. La Russie a nié à plusieurs reprises qu’elle visait des infrastructures civiles, même si les attaques russes ont touché d’autres centres commerciaux, théâtres, hôpitaux, jardins d’enfants et immeubles d’habitation au cours de la guerre de quatre mois.

Mardi, les forces russes ont frappé la ville de la mer Noire d’Ochakiv dans la région de Mykolaïv, endommageant des immeubles d’habitation et tuant deux personnes, dont un enfant de 6 ans. Six autres personnes, dont quatre enfants, ont été blessées. L’un d’eux, un bébé de 3 mois, est dans le coma, selon les autorités locales.

La frappe de missiles sur Krementchouk s’est produite alors que les dirigeants occidentaux promettaient un soutien continu à l’Ukraine et que les principales économies du monde préparaient de nouvelles sanctions contre la Russie, notamment un plafonnement des prix du pétrole et des tarifs plus élevés sur les marchandises.

Les dirigeants du G-7 ont condamné l’attaque dans un communiqué lundi soir, affirmant que «les attaques aveugles contre des civils innocents constituent un crime de guerre», notant que «le président russe Poutine et les responsables seront tenus responsables».

La frappe russe a fait écho à des attaques antérieures qui ont fait un grand nombre de victimes civiles – comme une en mars sur un théâtre de Marioupol où de nombreux civils s’étaient abrités, tuant environ 600 personnes, et une autre en avril sur une gare dans l’est de Kramatorsk qui a tué au moins 59 personnes.

M. Zelensky a déclaré que le centre commercial ne présentait «aucune menace pour l’armée russe» et n’avait «aucune valeur stratégique». Il a accusé la Russie de saboter «les tentatives des gens de mener une vie normale, ce qui rend les occupants si en colère».

Dans son discours du soir, il a affirmé que les forces russes avaient intentionnellement ciblé le centre commercial dans «l’une des attaques terroristes les plus audacieuses de l’histoire européenne», dénonçant la Russie comme «la plus grande organisation terroriste au monde».

La Russie a de plus en plus utilisé des bombardiers à longue portée pendant la guerre. Des responsables ukrainiens ont déclaré que des bombardiers à longue portée russes Tu-22M3 survolant la région occidentale de Koursk en Russie avaient tiré des missiles, dont l’un a touché le centre commercial et un autre une arène sportive à Krementchouk.

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«La Russie ne peut pas et ne doit pas gagner.» Beau « programme »… Super ‘objectif’ ou ambition… Mais…
A-t-on fait ce qu’il fallait ‘pour’? Et fait-on, présentement, ce qu’il faut ‘pour’? Et que veut dire « gagner » ?
Qu[o]i déterminera victoire ou défaite ?

La crainte est le début de la sagesse? Oui. Mais la peur, elle, en est l’exact opposé. On ne peut être sage avec peur au coeur, avec esprit de peur, avec âme en peur. Or c’est là ce qui motive et dirige l’attitude et l’action — (comprendre l’INaction) – face à la guerre À l’Ukraine : la peur.

On a peur de Poutine. Pire, on la lui offre et présente sur un plateau d’argent. Non, sur plateau d’OR. On ne veut surtout pas faire de peine à Poutine, l’indisposer, le froisser, l’humilier… Oh que pourrait-ce être terrible si en avait-on l’malheur. La planète, toute, pourrait y passer.

Ce ne sera pas beau à rapporter, pour les historiens, aux siècles prochains, cette ‘passe’ nôtre actuelle où aura-t-on regardé, passivement, bras croisés, du monde, comme nous, se faire massacrer à plate couture. Tous les droits — (de bombarder illimitément) — étant d’un bord; les attaqués, eux, ne bénéficiant pas de droit équivalent d’être défendus pareillement. « ‘Spécial’ », n’est-ce pas? Très. Ils ne seraient pas (des) ‘nôtres’. Ne feraient pas partie de notre commune humanité? Apparemment, non.

Ainsi donc, un seul également aurait le droit de faire peur, d’intimider à l’extrême, de terroriser, de frapper n’importe où, n’importe quand, n’importe qui, n’importe quoi, n’importe comment, avec n’importe quelle amplitude ou intensité. La pareille s’avérant inconcevable émanant de l’autre côté.

On est dans un bien drôle de monde. Mais pas drôle du tout. Où égoïsme et lâcheté occupent un peu trop de place, eu égard aux immonderies qu’un monde habité d’humanité ne laisserait pas faire sans rien faire.

« Ma gloire, je ne la laisserai pas à un autre », clame YHWH en Isaïe. Voilà ce qui se joue en ce moment. Oncle Sam ne veut voir déchoir ou affaiblir sa gloire. Aussi veut-il voir affaiblir/affaiblie celle éventuellement montante d’un adversaire. Et pour ce qu’importe le sacrifice de tout un peuple, qu’on laissera saigner, un à un, interminablement, n’est-ce pas?

La présente guerre en est une, bien, eût pu ou pourrait encore en être une d’intelligence, de finesse, du plus futé possible. Au lieu d’en être une, à nouveau, de la plus basse bêtise possible. Le plus probable, maintenant, est que nul ne gagnera. Ça foirera pour tous.

Mais voici comment, autrement, auraient pu ou dû se dérouler les choses. Au lieu de laisser à Poutine seul l’aire du peut tout faire, incluant au premier chef l’ultime bluff; occuper aussi, de l’autre bord, ce champ. C’est-à-dire, au lieu de proclamer, au monde entier, à l’avance de surcroît, qu’on ne mettra ni pieds ni ailes en Ukraine; avoir laissé finement entendre qu’il y aurait tout de même des limites à ce qu’on peut laisser faire en ce Nouveau monde de troisième millénaire; et, donc, qu’une foudre, supérieure, pourrait bien, un jour, si nécessaire, devoir émaner et s’abattre d’autre source que de celui-là seul croyant avoir, seul, tous les droits.

Il ne saurait en effet y avoir dissuasion d’abomination toujours accrue de la part d’énergumène tel ce Poutine, que moyennant conjonction/alliage de finesse et de… ‘terreur’. N’est-ce pas, en fait, ce qui aura fait le succès d’un Kennedy, il y a soixante ans? Combinaison d’affirmation/autorité et de fine diplomatie?

On ne saurait en sortir, « ‘vainqueurs’ », autrement. Si victoire devait-il y avoir ultimement, en sera-ce une impliquant, forcément, tour de… force de… finesse assorti(e) de — (menace devant être perçue sérieuse de possible recours à une) — force de puissance non pas égale seulement mais supérieure même.