La Russie supprime la limite d’âge pour l’armée

KYIV, Ukraine — Les législateurs russes ont adopté un projet de loi qui supprime les limites d’âge pour les soldats professionnels qui rejoignent l’armée, ce qui pourrait être un moyen pour les forces armées russes d’élargir le recrutement.

La chambre basse du parlement russe a adopté le projet de loi en trois lectures mercredi pour supprimer une limite d’âge de 40 ans pour les Russes signant leurs premiers contrats militaires volontaires.

Le président de la commission parlementaire de la défense, Andrei Kartapolov, a expliqué que la mesure faciliterait l’embauche de personnes ayant des «spécialités recherchées». Une description du projet de loi sur le site Web du Parlement indiqué que les recrues plus âgées pourraient être aptes à utiliser des armes de précision ou à servir dans des rôles d’ingénierie ou médicaux.

Les autorités russes ont assuré que seuls des soldats contractuels volontaires étaient envoyés combattre en Ukraine, bien qu’elles aient reconnu que certains conscrits avaient été entraînés dans les combats par erreur au début.

Ces dernières années, l’armée russe s’est de plus en plus appuyée sur des volontaires. Tous les hommes russes âgés de 18 à 27 ans doivent accomplir un service militaire obligatoire d’un an. Plusieurs évitent de servir grâce à des ajournements universitaires et à d’autres exemptions.

Le président ukrainien a déclaré mercredi que la Russie devait revenir à ses positions d’avant-guerre comme première étape avant les pourparlers diplomatiques, une ligne de négociation que Moscou ne devrait pas accepter de sitôt.

Volodymyr Zelensky a dit qu’il ne voyait actuellement aucune volonté de la part de la Russie de reprendre des négociations sérieuses sur la fin de la guerre qui perdure depuis trois mois.

«Au début, il y avait une impression que nous pouvions aller de l’avant, qu’il y aurait un certain résultat de ces pourparlers. Mais tout est au point mort», a déclaré M. Zelensky par le biais d’un interprète par liaison vidéo aux participants au Forum économique mondial de cette année à Davos, en Suisse.

Il a exprimé sa volonté de négocier directement avec le président russe Vladimir Poutine, mais a souligné que Moscou devait clairement indiquer sa volonté d’engager des pourparlers sérieux.

«Ils devraient démontrer au moins quelque chose comme des mesures de retrait de leurs troupes et de leurs équipements vers la position avant le 24 février», le jour où l’invasion russe a commencé, a-t-il dit. «Ce serait une bonne étape, une première étape dans les négociations.»

M. Zelensky a également précisé que l’objectif de l’Ukraine est de regagner tout son territoire perdu.

«L’Ukraine ne va pas céder notre territoire. Nous nous battons dans notre pays, sur notre terre», a-t-il rappelé.

La Russie, qui a progressivement réduit ses propres objectifs militaires en Ukraine face à une résistance féroce des forces ukrainiennes, pourrait tenter de gagner du temps, a ajouté M. Zelensky.

Un gouverneur régional de l’est de l’Ukraine affirme qu’au moins six civils ont été tués par le dernier bombardement russe dans une ville au cœur des combats

Le gouverneur de la région de Louhansk, Serhiy Haidai, a dit mercredi que huit autres personnes avaient été blessées dans le bombardement de Sievierodonetsk au cours des dernières 24 heures. Il a accusé les troupes russes de cibler délibérément des abris où se cachaient des civils.

La ville est située dans le Donbass, le cœur industriel de l’est de l’Ukraine, où les forces russes ont poursuivi leur offensive malgré la forte résistance ukrainienne.

Les séparatistes soutenus par Moscou ont combattu les forces ukrainiennes dans le Donbass pendant huit ans et détiennent de vastes étendues de territoire. Sievierodonetsk et les villes voisines sont la seule partie de la région de Louhansk du Donbass encore sous le contrôle du gouvernement ukrainien.

Des blessés ont également été signalés dans la ville orientale de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, tôt mercredi matin.

Le chef de l’administration de Pokrovsk, Ruslan Trebushkin, a déclaré dans un message sur Facebook que les dégâts causés et le nombre de blessés étaient toujours en cours d’évaluation.

Une frappe a laissé un cratère d’au moins trois mètres de profondeur, les restes de ce qui semblait être un missile encore fumant. Une rangée de maisons basses mitoyennes près de la grève a subi des dommages importants, avec des tuiles de toiture arrachées, des cadres de porte arrachés des murs et des morceaux de béton éparpillés.

Tard mardi, M. Zelensky a dit que les forces du pays dans la région étaient confrontées à une situation difficile.

«Pratiquement toute la puissance de l’armée russe, tout ce qu’il lui reste, est lancée à l’offensive là-bas, a-t-il déclaré dans son discours nocturne à la nation. Liman, Popasna, Sievierodonetsk, Slaviansk… les occupants veulent tout détruire là-bas.»

Une solution pour faire sortir du blé d’Ukraine pour l’exportation ne semble pas imminente.

Les autorités militaires britanniques affirment que les routes d’exportation terrestres de l’Ukraine sont «très peu susceptibles» de compenser les problèmes causés par le blocus russe du port d’Odessa sur la mer Noire, exerçant une pression supplémentaire sur les prix mondiaux des céréales.

Le ministère britannique de la Défense, dans une mise à jour publiée mercredi matin, indique qu’il n’y a eu aucune navigation marchande «significative» à destination ou en provenance d’Odessa depuis le début de l’invasion russe.

Le ministère affirme que le blocus, combiné à la pénurie de voies de navigation terrestres, signifie que d’importantes quantités de céréales restent entreposées et ne peuvent pas être exportées.

La Russie a déclaré que le port ukrainien stratégique de Marioupol était redevenu fonctionnel après trois mois de combats.

Les forces russes ont pris le contrôle total de Marioupol, sur la mer d’Azov, après que les derniers défenseurs ukrainiens de l’usine sidérurgique géante d’Azovstal aient déposé leurs armes.