La saison du homard s’ouvre alors que les usines manquent de personnel

FREDERICTON — Les pêcheurs ont commencé à larguer leurs casiers vendredi alors que la saison printanière de la pêche au homard s’est ouverte dans une grande partie des Maritimes, mais les transformateurs du Nouveau-Brunswick préviennent qu’ils vont refuser du homard en raison du manque de travailleurs.

Le problème vient de l’interdiction d’entrée au Nouveau-Brunswick qui touche les travailleurs étrangers temporaires. La mesure a été imposée le mois dernier par le premier ministre Blaine Higgs dans le cadre des efforts visant à freiner la propagation de la COVID-19.

M. Higgs a déclaré à l’époque qu’environ 1500 travailleurs étrangers temporaires se trouvaient déjà dans la province qui, avec ses 70 000 chômeurs, pouvaient combler des besoins dans les usines de transformation et en agriculture.

La province a même organisé un salon de l’emploi virtuel, mais de nombreux postes restent vacants.

«Nous recevions 120 travailleurs étrangers, a expliqué Luc Doiron de Suncoast Seafood à Grande-Digue, au Nouveau-Brunswick. De toute évidence, aucun d’entre eux n’est arrivé. Nous les remplaçons par quelques Canadiens, mais pas beaucoup. Nous pourrons transformer tout au plus la moitié de ce que nous faisons habituellement.»

M. Doiron a indiqué qu’il n’avait réussi qu’à embaucher que quatre ou cinq nouvelles personnes de la région. Selon lui, plusieurs travailleurs étrangers temporaires venaient depuis des années et occupaient des postes clés sur la chaîne de production.

Il a dit qu’il refusait des homards qui iront à des usines d’autres provinces, et qu’il pourrait être impossible de les récupérer à l’avenir. «Pour nous, gérer notre usine à 50 % de sa capacité et essayer de réaliser un profit, ce sera très difficile», a-t-il noté.

Vendredi, le premier ministre Higgs n’était pas prêt à dire s’il estime que d’avoir interdit l’entrée aux travailleurs étrangers était une erreur. Il a plutôt mentionné que la décision avait été prise pour des raisons de santé publique, ajoutant que cela avait peut-être été un facteur qui a permis à la province de n’avoir en date de vendredi qu’un seul cas actif du virus.

M. Higgs a déclaré qu’il était décevant de constater que si peu de gens ont postulé pour les emplois affichés, bien que 70 000 personnes sont au chômage dans la province.

Il a affirmé que la Prestation canadienne d’urgence, qui verse 500 $ par semaine pour un maximum de 16 semaines, dissuade les gens de postuler à des emplois.

«Oui, cela a été un facteur, et nous en avons discuté à travers le pays», a déclaré M. Higgs, le qualifiant de «programme fédéral qui rémunère des personnes pendant quatre mois pour rester chez eux et ne pas même avoir besoin de chercher un emploi».

M. Doiron a cependant minimisé les conséquences du programme, affirmant qu’il avait eu peu de succès au cours de la dernière décennie lorsqu’il avait essayé d’embaucher des Néo-Brunswickois pour travailler dans son usine.

Le chef libéral Kevin Vickers a estimé que la décision d’empêcher les travailleurs étrangers temporaires d’entrer dans la province était une importante erreur.

«Il y avait des protocoles appropriés en place pour assurer la mise en quarantaine, la distanciation sociale, et tous les aspects auraient été faits, a déclaré M. Vickers. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que cela aurait pu être fait de manière sûre et responsable sans mettre en danger la santé des Néo-Brunswickois.»

M. Higgs a affirmé qu’il continuerait de travailler avec les transformateurs pour trouver une solution.

La saison printanière de pêche au homard s’est ouverte deux semaines plus tard que d’habitude en raison de la pandémie de COVID-19. L’industrie de la pêche a collaboré avec les responsables de la santé publique pour s’assurer que les opérations pouvaient commencer tout en respectant les mesures dont la distanciation sociale.

Les vents violents ont poussé les pêcheurs d’une zone le long de la côte du Cap-Breton à retarder jusqu’à samedi matin le début de leur saison.

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