La salle de nouvelles de Noovo ajoute une trentaine de journalistes sur le terrain

MONTRÉAL — L’arrivée d’un nouveau joueur en information se traduira par l’ajout d’une trentaine de journalistes sur le terrain, dont plus d’une quinzaine en région.

La direction de Noovo a présenté mardi son plan en information, qui ajoutera des forces fraîches un peu partout au Québec dans le domaine de l’information, un secteur gravement décimé depuis quelques années. 

«Les dernières années ont été plutôt souffrantes pour l’industrie journalistique au Québec. On a eu beaucoup de salles de nouvelles qui ont fermé», a rappelé Jean-Philippe Pineault, le directeur général de l’information chez Bell Média.

«Une démocratie en santé, c’est une démocratie qui est bien informée. Donc, d’avoir des journalistes, une nouvelle voix, des journalistes présents sur le terrain pour raconter des histoires avec un nouvel angle, ce ne peut qu’être bénéfique pour tout le monde.»

Il ne saurait si bien dire. Dans son «État des lieux 2020», le Centre d’études sur les médias (CEM) de l’Université Laval faisait état d’une baisse de 10 % des effectifs journalistiques entre 2006 et 2016. Cette situation s’est aggravée avec la pandémie et, bien que les données de Statistique Canada ne seront connues qu’en 2021, le rapport notait tout de même la disparition de nombreux emplois.

Et comme pour souligner cette situation à grands traits rouges, le HuffPost Québec et le HuffPost Canada annonçaient leur fermeture le même jour.

Des journalistes en région

La salle de nouvelles de Noovo comptera près d’une quinzaine de journalistes à Montréal et une autre quinzaine à ses antennes de Québec, Sherbrooke, Saguenay et Trois-Rivières. Ces ajouts en région seront plus que bienvenus. Le rapport du CEM faisait état de la perte de 34 hebdomadaires régionaux entre 2006 et 2016 et une autre perte d’une dizaine depuis.

«Au Québec, les gens accordent une très grande importance à la nouvelle locale. On s’intéresse à ce qui se passe chez nous et, dans cet esprit, on va diffuser nos éditions locales dans cinq marchés et vont s’ajouter nos journalistes qui travaillent dans huit régions quand on ajoute les journalistes de la radio», a expliqué Suzanne Landry, vice-présidente au développement de contenu, programmation et information chez Bell Média.

«On veut vraiment être le reflet de nos régions.»

Car, au-delà de ses journalistes attitrés, la salle de nouvelles de Noovo pourra aussi compter sur les journalistes de son réseau de stations de radio et de ceux de ses stations de télévision affiliées de RNC Média à Gatineau et en Abitibi-Témiscamingue, ce qui ajoute un potentiel de près de 30 autres journalistes. Ceux-là, toutefois, sont déjà en poste; leur contribution servira cependant à étendre le menu des nouvelles traitées par la télévision.

Les journalistes de télé ne seront pas accompagnés par des caméramans. Ils devront opérer eux-mêmes la caméra, sauf exception, une approche qu’ont souvent cherché à implanter certaines chaînes de télévision avec un succès mitigé. 

Promesse d’une approche différente et diversifiée

Noovo présentera un bulletin de nouvelles national à 17h00 et, à 17h30, le studio de Québec présentera un bulletin régional comprenant les nouvelles des stations affiliées, alors que le studio de Montréal offrira une demi-heure de nouvelles montréalaises. La même formule s’appliquera pour le bulletin de 22h00, mais le bulletin national ne durera cette fois que 10 minutes pour ensuite se diviser entre Montréal et les régions à 22h10. Un seul bulletin national – de 60 minutes celui-là – sera présenté les week-ends de 9h00 à 10h00.

Noovo promet une approche différente et diversifiée, qui cherchera à faire entendre de nouvelles voix et à dénicher «l’angle mort» de certains sujets. Les bulletins de nouvelles, intitulés «Le Fil», seront en ondes à compter du 29 mars. Une plateforme numérique exclusivement dédiée à l’information doit être lancée en septembre.

«Noovo profite d’un public qui est plus jeune, qui consomme des nouvelles des médias de tout ordre via les réseaux sociaux, les plateformes numériques. Puis, dans cet univers numérique, il y a beaucoup de désinformation, il y a des médias alternatifs qui n’offrent pas de la nouvelle de qualité. Pour nous c’est une opportunité d’offrir à ce public, à cette jeune génération, des nouvelles de qualité, de l’information de qualité vérifiée selon les standards élevés de la pratique», a fait valoir Jean-Philippe Pineault.

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