La SANB dénonce une «normalisation du discours antifrancophone» en politique

PETIT-ROCHER, N.-B. — Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick déplore que les chefs de partis soient plus prompts à expulser des candidats pour leurs propos transphobes que pour des positions antifrancophones.

«Soyons clairs: toute attaque contre n’importe quelle minorité est totalement inacceptable», tient à préciser Alexandre Cédric Doucet dans un communiqué. Mais le président de la SANB soutient que «sur la question du discours antibilinguisme», les chefs des partis traditionnels maintenaient habituellement «une plus grande discipline sur les membres de leur caucus».

Un candidat libéral et un progressiste-conservateur ont été expulsés de leur parti par leur chef respectif, lundi, pour des publications antérieures sur les médias sociaux concernant les minorités sexuelles et les femmes.

Le candidat conservateur dans Victoria-La-Vallée, Roland Michaud, avait relayé une publication transphobe il y a près de deux ans. Le candidat libéral dans Sainte-Croix, John Gardner, a été expulsé après la découverte de commentaires passés sur les médias sociaux qualifiés d’«offensants pour les femmes et la communauté LGBTQ2I+».

Or, M. Doucet «trouve inadmissible que les commentaires de John Gardner à l’égard de la communauté francophone n’aient pas été cités dans les raisons évoquées par le chef libéral Kevin Vickers pour expliquer l’expulsion de son candidat».

«Par ailleurs, pourquoi n’a-t-on pas expulsé du même coup Phil Comeau, candidat (libéral) dans Saint-Jean-Est, pour ses commentaires envers la communauté francophone?», demande le président de la SANB.

Dans une publication en 2018, M. Comeau, un ambulancier, se moquait de l’exigence de bilinguisme pour les employés paramédicaux au Nouveau-Brunswick.

«Nous voyons clairement dans le cadre des élections en cours qu’il y a une inquiétante normalisation du discours antifrancophone», soutient M. Doucet. «D’ailleurs, cette normalisation dans les partis traditionnels et les partis extrémistes comme le People’s Alliance me préoccupe énormément.»

«Bien que nous ayons fait d’énormes progrès dans les dernières décennies, nous sommes toujours loin d’avoir atteint l’égalité réelle entre francophones et anglophones dans cette province, poursuit le président de la SANB. En ce sens, toute attaque ou commentaire mal placé à l’égard de la population acadienne et francophone, qu’il soit avancé par nos élus ou par un membre de la population générale, doit être dénoncé ouvertement pour ce qu’il est: de la haine envers une population minoritaire.»

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