La santé publique de Montréal veut freiner la progression du variant britannique

MONTRÉAL — La directrice de la santé publique de Montréal, la docteure Mylène Drouin, a fait état mercredi en conférence de presse d’une progression encourageante des données pandémiques, mais a rappelé que la métropole est toujours en zone rouge. Elle n’a pas caché que la présence sur le territoire montréalais du variant britannique, plus contagieux que la souche originale de COVID-19, oblige ses équipes à adopter une stratégie plus «agressive» de dépistage et de traçage.

La docteure Drouin a rapporté que de 8 à 10 % des cas positifs sont identifiés comme étant des cas du variant britannique. La santé publique rapporte 22 éclosions du variant britannique depuis le mois de janvier, dont certaines sont déjà terminées. Sur le total, 17 de ces éclosions ont eu lieu dans des écoles (11) et dans des services de garde (6).

Les données montrent d’ailleurs que les 0-17 ans représentent 40 % des cas et les 35-44 ans – que l’on soupçonne être les parents de ces jeunes – en représentent 20 %.

Les milieux de travail et les milieux de soins ont été relativement épargnés. Du côté des milieux de vie des aînés, la situation est également encourageante, alors qu’on n’y rapporte que quatre nouvelles éclosions dans la dernière semaine.

«On a deux grands objectifs de santé publique à court terme. Le premier étant de repousser le plus possible le moment où le variant UK (britannique) va devenir la souche prédominante dans la région de Montréal. Le deuxième objectif, c’est: on repousse et, pendant ce temps, on vaccine le plus de gens possible», a-t-elle déclaré.

Parmi les stratégies utilisées pour freiner la progression du redoutable variant, on passe désormais la totalité des tests positifs au criblage afin d’identifier la souche. On demande également à la population de maintenir les mesures sanitaires, soit de respecter sa bulle familiale, ne pas recevoir de gens chez soi et de limiter les rassemblements extérieurs à huit personnes.

Mylène Drouin a cependant tenu à féliciter la population à ce chapitre.

«Je voudrais vous dire merci. (…) Quand on regarde nos taux de reproduction et l’adhésion de la population aux mesures que l’on demande, le couvre-feu, réduire ses contacts sociaux, ne pas avoir de visiteurs à l’intérieur des maisons, globalement, on juge que cette adhésion elle est forte actuellement à Montréal», a dit la docteure Drouin, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le cap durant la semaine de relâche.

Reprise des chirurgies

Malgré tout, les nouvelles étaient généralement encourageantes. La présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de Montréal, Sonia Bélanger, a fait état de 374 patients hospitalisés, soit une diminution de 105 par rapport au 10 février dernier. Cette baisse marquée permet de relancer les activités chirurgicales.  

«Les Montréalais vont être contents de savoir que l’ensemble des blocs opératoires travaillent actuellement à reprendre les activités. Le ministère de la Santé et des Services sociaux demande à chaque hôpital de pouvoir reprendre ses activités allant jusqu’à 75 % des activités régulières. On devrait donc être en mesure d’offrir des services de chirurgie qui s’approchent de la normale», a-t-elle souligné, tout en rappelant qu’il y a 45 000 Montréalais en attente d’une chirurgie, une situation qui exigera du temps avant qu’on puisse y remédier. 

Pour la vaccination, 15 sites ont été prévus à travers l’île de Montréal, sites qui accueilleront uniquement les personnes de 85 ans et plus dans un premier temps. Les organismes gouvernementaux possèdent par ailleurs des listes de personnes âgées vulnérables qu’ils contactent lors de vagues de chaleur et qu’ils utiliseront pour identifier celles qui ne se seraient pas inscrites pour se faire vacciner. De plus, tous les accompagnateurs de ces personnes qui seront âgés de 70 ans et plus pourront être vaccinés en même temps.

Montréal recevra davantage de doses que ce que requiert sa population de 85 ans et plus, de sorte que «dès la semaine prochaine, selon le nombre de vaccins que nous aurons administrés, on pourra descendre dans les autres groupes (d’âge) graduellement», a annoncé Mme Bélanger.

Activités pour la semaine de relâche

De son côté, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a invité les familles à profiter de la semaine de relâche, soulignant que de nombreuses activités seront accessibles malgré les restrictions.

«Oui, la semaine de relâche sera différente cette année, mais ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir. On a la chance d’avoir un bel hiver, de belles conditions alors profitez-en à l’extérieur, profitez-en dans les installations de la Ville de Montréal et, bien sûr, suivez bien les règles de santé publique.»

Elle a notamment fait part de la possibilité de faire des activités de plein air, telles que le ski de fond, le patinage, la raquette et autres, précisant que les équipements de location seront disponibles gratuitement sur réservation. Des équipements sportifs intérieurs, notamment les piscines et arénas, seront également accessibles.

Du côté culturel, les bibliothèques seront ouvertes et les maisons de la culture offriront plusieurs activités pour les enfants, dont des pièces de théâtre et des démonstrations de cirque.

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